Atelier de rencontres et de recherches comparatives en ethnologie




Conférence L’Ombre de l’Occitan, par Philippe Gardy

Conférence "Los Dimècres del Miralh a l’Ostal d’Occitània" (DMOO)

Maison de l’Occitanie – 11, rue Malcousinat – Toulouse (Métro Esquiròl)

Mercredi 10 février 2010 – 20h00

Philippe GARDY (CNRS) L’Ombre de l’Occitan. Des romanciers français à l’épreuve d’une autre langue

L’unilinguisme est probablement un leurre, et pour cette raison tout écrivain, y compris souvent sans en avoir conscience, écrit en plusieurs langues. Mais tandis que certaines s’imposent, d’autres demeurent en retrait, jusqu’à devenir invisibles, sans disparaître totalement.

Plus nombreux qu’on pourrait le croire sont les écrivains français dont l’œuvre n’a jamais pu se défaire de l’ombre d’une autre langue, laissée sur le bord de la route, ou seulement connue par bribes, ou encore entr’aperçue au hasard des rencontres.

Le livre de Philippe Gardy (L’Ombre de l’Occitan, Presses universitaires de Rennes, 2009) part à la recherche d’une langue, l’occitan, qui, sans être le moins de monde leur langue d’écriture, a été ou demeure, pour certains écrivains ‑ des romanciers surtout ‑ un autre soi-même, la part d’ombre plus ou moins dissimulée de leurs mots et de leurs fictions. Cette ombre traverse le XXe siècle (chez des auteurs comme Jean Giono, François Mauriac, Joseph Delteil) et se prolonge jusqu’au XXIe chez d’autres dont elle influence secrètement l’univers narratif, les personnages, le style, et jusqu’aux régions les plus enfouies de leur imaginaire (François Salvaing, Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Richard Millet).

En contrepoint, l’exemple, moins connu, d’Emmanuel Delbousquet, montre comment l’occitan a pu s’imposer à un écrivain d’expression française hanté par son obscure présence.

Philippe Gardy est directeur de recherche au CNRS (LAHIC-IIAC, CNRS/ EHESS/Ministère de la Culture). Il enseigne la littérature occitane moderne et contemporaine à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Il vient de publier L’Ombre de l’Occitan aux Presses universitaires de Rennes.

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