Atelier de rencontres et de recherches comparatives en ethnologie




Une anthropologue membre de l’ARCE honorée par le Salon international du livre insulaire d’Ouessant

Catégorie Essai - août 2010

Le Salon international du livre insulaire d’Ouessant s’est déroulé les 18 et 19 août 2010 et a commencé par la cérémonie de remise des prix. Le jury etait présidé par la pianiste Anne Queffélec, fille de l’écrivain Henri Queffélec qui aurait eu 100 ans en 2010.

Pour cette 12e édition du Salon international du livre insulaire d’Ouessant , les organisateurs du salon et les bénévoles ont respecté la tradition, en inaugurant cette manifestation très littéraire par un défilé en costumes traditionnels de l’île, précédés d’un biniou et d’une bombarde.

Dans la foulée de ce défilé et de l’inauguration, Anne Queffélec et les membres du jury, Danièle Auffray, chercheur au CNRS, Gwen Catala, écrivain, Nivoelisoa Galibert, enseignante et chercheur, Gérard Le Gouic, poète, et Catherine Domain, libraire, ont donc dévoilé les lauréats du 12eprix du livre insulaire. Près de 90 ouvrages étaient en compétition. Les lauréats ont été primés pour « leur originalité, leur liberté et leur universalité. »

C’est ainsi que l’ouvrage « Hindouisme mauricien dans la mondialisation : cultes populaires et religion savante » (IRD éditions), de Suzanne Chazan-Gillig et Pavitranand Ramhota, a obtenu le prix dans la catégorie essais : « C’est un ouvrage très bien illustré, où l’on suit l’évolution de Maurice. C’est du lourd ! ».

Présentation de l’ouvrage par le Jury :

"Il s’agit d’un essai dont le substrat scientifique est remarquable, ne serait-ce qu’en regard de l’appareil documentaire qui l’accompagne. Il s’appuie sur quinze années d’enquêtes de terrain en milieu rural à l’île Maurice. Le sujet, très original, articule l’observation des changements de l’hindouisme avec l’évolution très rapide de l’économie insulaire mauricienne. De fait, la religion populaire des ouvriers agricoles du sucre tente à fusionner avec l’hindouisme savant préféré par les entrepreneurs et les propriétaires désormais majoritairement indiens. Cette évolution se traduit par la disparition progressive des sites de prière populaires les plus modestes et la création d’un maillage de temples monumentaux. Le monde de vie de l’hindouisme et l’île Maurice elle-même sont bien présents cette fois à Ouessant."

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Palmarès du Concours littéraire

Suzanne Chazan - anthropologue membre de l’ARCE - était venue présenter cet ouvrage dans une précédente séance du Bistrot des ethnologues le ... Vous pouvez la réécouter en cliquant ICI.

Un essai à découvrir aux éditions Kathala dont voici la 4ème de couverture :

La société mauricienne contemporaine constitue un terrain particulièrement riche pour l’étude des interactions du religieux avec l’économique et le politique. Cela est dû non seulement à la multiplicité de ses formes religieuses et culturelles – l’hindouisme étant pratiqué par plus de la moitié de la population –, mais aussi à ses rapports étroits avec l’économique et l’État, qui fut le grand ordonnateur des catégories de populations après le Traité de Paris de 1814 conférant la souveraineté du territoire à l’Angleterre.

Le nouveau modèle colonial inspiré par l’Angleterre, qui a émergé en 1814, s’est articulé autour de la double valorisation de la religion et des origines des migrations. C’est ainsi que le culte de la déesse Kali, dont les autels se sont multipliés dans l’île, s’est modelé autour de la relation capital/travail instituée sous la colonisation. Actuellement, l’apparition de divinités nouvelles dans les temples urbains traduit un processus inéluctable de transformation des cultes populaires en religion savante. Un changement qui fait suite à la restructuration de l’économie sucrière et de l’industrie textile avec le développement des Techniques d’Information et de Communication (TIC). Dans cet ouvrage, les auteurs sont partis de l’hypothèse, confirmée par les enquêtes, que tout changement religieux est un symbole des transformations structurelles en réponse aux conséquences de la mondialisation des marchés. Ils ont établi une corrélation des transformations symboliques avec les innovations rituelles qui se manifestent jusque dans les stratégies électorales. Plus globalement, ils ont mis en lumière, à travers la multiplication des associations culturelles hindoues, le rapport de l’hindouisme avec les diverses formes du capitalisme mondial. Il s’agit là d’un point de vue tout à fait original, jamais encore étudié à ce jour.

Suzanne Chazan-Gillig, née à Nantes en 1940, est docteur en anthropologie de Paris V et anthropologue à l’IIRD (ex-Orstom). Ses recherches ont porté sur la société sakalava sous la Ire République malgache et à l’île Maurice sur le thème des « migrations, échanges et industrialisation dans la mondialisation des marchés ». Depuis 2002, elle étudie les changements sociaux sur la côte ouest de Madagascar.

Pavitranand Ramhota est né à Maurice en 1956. Docteur en anthropologie de l’INALCO, il a été consultant de l’UNICEF. Il est actuellement Senior Lecturer au Mahatma Ghandi Institute, MGI où il travaille sur les migrations indiennes dans l’océan Indien occidental sous l’angle des formes comparées de l’hindouisme et du capitalisme mondial.

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4ème de couverture de l’ouvrage

Photo d’illustation de l’article :

Kalimaï de l’Unité qui est resté inchangé toute la durée de l’enquête (15 ans)

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