Mardi 02 février 2016

David Le Breton, « Expériences de « blancheur » : disparaître de soi pour continuer à vivre ».

Le Breton

Disparaître de soi, une tentation contemporaine

David Le Breton

Editions Métailié, 2015-09-18 208 pages

 

L’anthropologue et sociologue David Le Breton présente et replace dans son cheminement de chercheur son dernier ouvrage,  Disparaitre de soi, une tentation contemporaine (Editions Métailié, 2015) où il interroge diverses conduites actuelles visant à se délester de l’effort d’exister pour tenter de vivre encore. L’auteur inscrit ces pratiques dans une quête de ce qu’il appelle la «blancheur», désignant «le fait de prendre congé de soi sous une forme ou sous une autre à cause de la difficulté ou de la pénibilité d’être soi». Cette blancheur se décline en mille nuances, des plus familières (le sommeil ou la fatigue) aux plus radicales (disparaître sans laisser d’adresse pour changer d’identité). Parfois désirée, parfois subie, la blancheur exerce différemment son emprise selon les âges de la vie. Tandis que les malades d’Alzheimer sont rongés par des «blancs» de plus en plus fréquents, les adolescents développent des «techniques de blancheur» pour se débarrasser de soi. Faire la fête à outrance, errer, se réfugier dans un monde virtuel sont autant de moyens d’«échapper aux pressions d’une identité intolérable». Dans l’ensemble de ses manifestations, la blancheur gravite autour d’«un univers de sens qui n’est plus celui de la conscience ordinaire, sans être tout à fait celui de la mort». Et c’est précisément là, dans les limbes du moi, que l’anthropologue restitue à ces passages à vide leur valeur existentielle (comme moments nécessaires dans la vie d’un individu) mais aussi leur sens philosophique : «La continuité de soi n’est finalement qu’une croyance nécessaire afin de pouvoir vivre.» (voir Mathilde Lequin, http://www.philomag.com/les-livres/grand-angle/disparaitre-de-soi-une-tentation-contemporaine-10905)

 

A propos de l’intervenant :

David le Breton est professeur en sociologie à l’Université de Strasbourg, membre de l’Institut universitaire de France et du laboratoire URA-CNRS Cultures et sociétés en Europe. Il mène depuis de nombreuses années des recherches sur les représentations et mises en jeu du corps : La Saveur du monde, une anthropologie des sens, Editions Métailié 2006 ; Anthropologie de la douleur, Editions Métailié, 2006 ;  Marcher. Eloge des chemins de la lenteur, Editions Métailié 2012 ;  Anthropologie du corps et modernité, P.U.F. 2013 ;  L’Adieu au corps, Editions Métailié 2013  ainsi que sur les conduites à risques, notamment lors de l’adolescence : Conduites à risque. Des jeux de mort au jeu de vivre (PUF), La peau et la trace. Sur les blessures de soi (Métailié)… Les éditions Métailié viennent de rééditer en collection de poche : Du silence et Passions du risque.

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