Archives sonores

Mériam Cheikh “Les filles qui sortent. Jeunesse, prostitution et sexualité au Maroc.”

Au Maroc, l’expression « filles qui sortent » désigne celles qui fréquentent les night-clubs et les bars la nuit pour gagner leur vie. Au-delà du fait prostitutionnel, le « sortir » renvoie aussi plus largement aux distances qu’une partie de la jeunesse féminine des classes populaires prend avec les normes, la moralité et la respectabilité. Loin d’être confiné à la marginalité, le sortir joue sa partition dans les métamorphoses de l’ordre sexuel et intime dans un contexte d’essor de l’économie du divertissement et d’accroissement des inégalités. Y émergent de nouvelles valeurs qui remettent en cause les régimes moraux et juridiques tout en réaffirmant l’ordre hétérosexuel.

Cohabitant avec une dizaine de jeunes femmes engagées dans le sortir à Tanger, Mériam Cheikh a mené une ethnographie longitudinale sur sept ans. À l’intersection de la génération, du sexe et de la classe, elle analyse des trajectoires où se succèdent socialisations familiale et scolaire, élaboration de la sexualité et insertions professionnelle et matrimoniale. Les Filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc revient sur l’expérience dans le sortir, de l’engagement au désengagement, croisant anthropologie urbaine, anthropologie économique et anthropologie du droit.

Mériam Cheikh est anthropologue spécialisée dans la dissidence morale des jeunes des classes populaires au Maroc. Son travail se concentre sur les processus de transformation de la sexualité, de l’intimité et des rapports de genre à l’œuvre au sein des contre-cultures juvéniles marocaines.

Conférence | Durée: 50:54 | Enregistrée le 4 mai 2021

 

Échanges avec le public | Durée: 38:56 | Enregistrés le 4 mai 2021

 

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Vinciane Despret “Habiter en oiseau. Qu’est-ce qu’un territoire du point de vue des oiseaux ? Une enquête auprès des ornithologues.”

Qu’est-ce que serait un territoire du point de vue des animaux ? Vinciane Despret mène l’enquête auprès des ornithologues. Car ce qui l’intéresse surtout, c’est d’observer la naissance et le développement de l’intérêt que les scientifiques portent aux oiseaux.

Où l’on voit alors que, plus on étudie les oiseaux, plus les choses se compliquent. De nouvelles manières de faire territoire apparaissent, bien plus complexes que les ornithologues ne pouvaient l’imaginer. Et si ces manières n’étaient que du spectacle, des parades dont personne n’est vraiment dupe ? Et si ce n’était qu’un jeu, pour “faire semblant” ? Et si l’on prêtait attention au fait que les territoires sont toujours collés les uns aux autres ? Ne seraient-ils pas, alors, une façon pour les oiseaux de continuer à vivre ensemble en étant autrement organisés ?

Vinciane Despret est philosophe et psychologue, professeure à l’université de Liège

 

Séance en partenariat avec la Médiathèque de Gignac et la LPO de l’Hérault.

Conférence | Durée: 42:47 | Enregistrée le 13 avril 2021

 

Échanges avec le public | Durée: 43:48 | Enregistrés le 13 avril 2021

 

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Laurent Sébastien Fournier ” Socialisations festives et politiques de la modernité “

Les fêtes ont longtemps été considérées comme essentielles : à la vie sociale, au culte, au divertissement. Elles posent aujourd’hui des problèmes de santé publique, et sont à présent considérées comme non-essentielles. Comment expliquer cette évolution ? Peut-on, désormais, se passer de faire la fête ?

 

Laurent-Sébastien Fournier est anthropologue, actuellement directeur du département d’anthropologie d’Aix-Marseille-Université et chercheur a l’Institut d’Ethnologie Méditerranéenne, Européenne et Comparative.

 

 

 

Conférence | Durée: 1:03:24 | Enregistrée le 6 avril 2021

Échanges avec le public | Durée: 50:43 | Enregistrés le 6 avril 2021

 

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Anne Marcellini et Daniel Denis présentent le film documentaire “Tarava Tahiti”

Ce documentaire s’attache à rendre compte des qualités musicales remarquables des polyphonies polynésiennes et s’interroge sur leurs implications sociales et culturelles contemporaines.
La réalisation privilégie l’immersion dans le quotidien d’un
pupu himene, un groupe de chant, de la presqu’ile de Tahiti, le groupe Tamari’i Vaira’o, à la veille de participer au Heiva 2018, célèbre concours de chants et de danses de la Polynésie française. Cette intégration dans le groupe permet d’apprécier l’engouement et la ferveur des répétitions et des préparatifs; elle ouvre aussi les portes des scènes du concours après un voyage dans l’autobus de la chorale jusqu’à la place To’atā à Papeete… Reste à patienter jusqu’à la remise des prix, fébrilement attendus…
En premier lieu, le film s’emploie à rendre sensible le tissage très singulier des neuf voix du chant « traditionnel » Tārava et cherche à saisir l’intrigue de cette impressionnante pratique vocale qui semble s’exercer à la limite de la voix elle-même, au bord d’un précipice, au risque du vertige et de l’exténuation ; une forme de chant choral trop peu connue, n’existant qu’en Polynésie, mais dont la singularité porte une expressivité véritablement universelle. Ainsi, s’élabore progressivement, par les rencontres avec des personnages centraux de ce groupe, une interrogation sur les conditions de la fabrication du chant (la spécificité des différentes voix, les problèmes d’exécution d’ensemble, le rôle du chef de chœur, les conditions de la transmission, notamment aux jeunes).
Dans un second temps, au-delà des fondements de la technique vocale, il s’agit d’une tentative d’accéder aux significations de portée plus générale qui sont mobilisées par les chanteurs : l’importance du lien intergénérationnel et communautaire, désiré et expérimenté intensément dans l’expérience physique du chant choral qui à la fois exprime et renforce le
tāhō’ē – l’unité et aussi les modalités subtiles associées à la production chaque année, de nouveaux textes qui peuvent être chantés, soit au temple, soit au Heiva… avec des paroles distinctes. Des échanges soutenus avec les choristes entraînent alors le spectateur à la découverte de l’intrication historique des rapports entre la culture tahitienne et l’Eglise protestante; une complexité qui sera éclairée par quelques commentaires anthropologiques et historiques nécessaires.
Enfin, après une plongée étonnante dans la séance de clôture du 134ème synode de l’Eglise Protestante
Mā’ohi, le dernier mot reviendra aux responsables et aînés du groupe de Vaira’o. En évoquant leurs choix existentiels et leurs rapports au chant, à la famille et à la langue, ils nous donnent à penser certains enjeux sociaux, religieux et politiques qui caractérisent les pratiques culturelles de la Polynésie contemporaine.

“Tarava Tahiti”,  film documentaire réalisé en 2019. Durée: 58 minutes

Pour visionner le film contacter anne.marcellini@unil.ch

Anne Marcellini est professeure en sociologie du corps et de activités physiques adaptées (Universités de Lausanne et de Montpellier). Elle est spécialiste de l’étude des processus de participation sociale, d’affiliation communautaire et de construction identitaire par les pratiques corporelles et sportives. Spécialiste des approches qualitatives des pratiques corporelles et des usages sociaux du corps, ses travaux s’orientent depuis 2008 dans le domaine de la sociologie visuelle et filmique.

Daniel Denis est professeur des universités en sciences de l’éducation (Universités de Cergy-Pontoise et Paris Sud Orsay). Ses travaux portent sur la sociologie et l’histoire des transformations de l’éducation du corps dans plusieurs contextes de réformes politiques et social aux XIXème et XXème siècles. Il est par ailleurs musicien, après avoir étudié le violoncelle avec J. Ripoche au Conservatoire National de Région de Caen puis D.Markevitch au Conservatoire Rachmaninoff de Paris.

Présentation | Durée: 18:39 | Enregistrée le 16 mars 2021

Échanges avec le public | Durée: 2:00 | Enregistrés le 16 mars 2021

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François Purseigle, Loïc Mazenc “Le Nouveau capitalisme agricole : de la ferme à la firme.”

À l’exception de quelques cas médiatisés de « mégafermes » et autres « fermes des 1 000 vaches », la majorité de ces firmes ont jusqu’à présent échappé à l’analyse tant leurs visages sont multiples et flous. Le premier ouvrage sur un phénomène mondial en pleine émergence.

En rupture avec l’exploitation familiale traditionnelle, des firmes agricoles se profilent dans de nombreuses régions du globe. Avec elles, s’amorce une recomposition agraire dont les contours restent largement invisibles.

À l’exception de quelques cas médiatisés de « mégafermes » et autres « fermes des 1 000 vaches », la majorité de ces firmes ont jusqu’à présent échappé à l’analyse tant leurs visages sont multiples et flous.

Leurs performances économiques et financières tout comme leurs incidences environnementales et sociales interrogent aussi bien les milieux politiques, professionnels que scientifiques.

Comment sont-elles organisées ? Quels sont leurs logiques et modes d’action ? Dans quels espaces s’inscrivent-elles ? Comment une ferme familiale devient-elle une firme agricole ? Quels types d’acteurs sont impliqués ? Quels rapports au politique entretiennent-elles ? Quels conflits provoquent-elles ?

Le premier ouvrage sur un phénomène mondial en pleine émergence

François PURSEIGLE est professeur des universités en sociologie à l’Institut national polytechnique de Toulouse (INP). Il dirige le département de sciences économiques, sociales et de gestion de l’École nationale supérieure agronomique de Toulouse (Ensat). Membre de l’ UMR INP-INRA AGIR et chercheur associé au Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris (Cevipof), il concentre ses travaux sur l’évolution des organisations professionnelles et des entreprises agricoles. Il a notamment coordonné le projet Agrifirme financé par l’Agence nationale de la recherche. Il a notamment codirigé Les Mondes agricoles en politique (Presses de Sciences Po, 2010).

Loïc MAZENC est postdoctorant en sociologie à l’Institut national polytechnique de Toulouse (INP). Il est rattaché à l’UMR AGIR INP-INRA. Il est spécialisé en sociologie du travail, en sociologie des groupes professionnels et en sociologie des mondes agricoles.

Conférence | Durée: 47:13 Enregistrée le 2 février 2021

Échanges avec le public | Durée: 1:02:58 | Enregistrés le 2 février 2021

 

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Laurent Solini, Jennifer Yeguicheyan “Prisons, usages et appropriations de espaces carcéraux.”

Ce livre propose de comprendre la prison à partir de ses espaces : l’atelier, la rotonde, le service médico-psychologique régional, la cellule, la fenêtre, le rond-point.

De 2014 à 2016, les auteurs ont investi les détentions de cinq prisons belges et françaises : le centre de détention de Muret, les établissements pour peines de Namur, Ittre et Marche-en-Famenne et le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone. Ils sont allés à la rencontre de ceux qui les ont fabriqués, ceux qui y travaillent ou y sont enfermés.

Cette enquête, complétée par un patient travail d’archives et la prise de nombreux clichés, appréhende les modalités d’appropriation de ces espaces. Aménagements et réaménagements des lieux, recours à la lumière naturelle, utilisation de matériaux, coloris, éléments de décoration, sont au coeur de l’ouvrage et permettent de saisir les fonctions, les histoires, voire les identités des lieux de la prison et des conduites qui s’y tiennent.

C’est en progressant dans la lecture de ce livre que se justifie l’importance d’une étude au plus près des usages spatiaux de la détention : lorsque s’esquisse une « prison mosaïque », somme de missions contradictoires, perceptibles jusque dans sa fabrique, jusque dans les manières dont son bâti est usité.

Édité par Laurent SoliniJennifer YeghicheyanSylvain Ferez

Laurent Solini est sociologue, maître de conférences à l’université de Montpellier et membre du laboratoire Santesih (Santé, éducation et situations de handicap). En 2012, il soutient une thèse en sociologie sur les expériences de détention des adolescents incarcérés en établissement pénitentiaire pour mineurs. Entre 2014 et 2019, il dirige deux programmes de recherche successifs, le premier porte sur les usages des espaces en prison, le second, sur les parcours et les socialisations institutionnelles des mineurs sous main de justice.

Jennifer Yeghicheyan est ethnologue et s’intéresse aux manières dont les institutions sécuritaires et d’accompagnement social traitent leur public. Des bénévoles œuvrant aux abords des prisons en passant par l’usage des espaces carcéraux jusqu’à l’étude des parcours institutionnels complexes des jeunes qualifiés à la fois de « dangereux » et eux-mêmes « en danger», Jennifer Yeghicheyan mobilise toujours la méthode ethnographique.

 

Visioconférence | Durée: 56’27 | Enregistrée le 5 janvier 2021

 

Echanges avec le public| Durée: 45’ | Enregistrés le 5 janvier 2021

 

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Sergio Dalla Bernardina “Faut qu’ça saigne ! Écologie, religion et sacrifice.”

 « Le boucher porte un grand tablier blanc, qui lui confère un air solennel. La tête de chamois empaillée et le crucifix ont sans doute toujours été là, mais je les remarque pour la première fois. Je crois avoir déjà aperçu le trophée ; en revanche, ce qui m’a échappé, et qui soudainement attire mon attention, c’est le crucifix accroché un peu plus loin, sur la même paroi. Le boucher, le crucifix à sa gauche et le trophée à sa droite forment une sorte de triangle, délimité, en bas, par l’étalage des viandes. Au début, je trouve cet agencement un peu osé, presque blasphématoire. Puis, sorti de la boutique, je commence à me dire que tout cela a peut-être un sens… »

Peut-on comparer un trophée de chasse à un crucifix ? Et le bœuf malmené avant l’abattage à une victime émissaire ? Et les dévorations perpétrées par les ours et les loups à des immolations ? Ce n’est pas très sérieux, nous prévient Sergio Dalla Bernardina, tout en nous invitant à jouer le jeu. Quel sens prend alors notre rapport au vivant si l’on essaie de le lire sous l’angle sacrificiel ? Faut-il s’en tenir à un point de vue manichéen, les amis des animaux du côté du bien, les autres du côté du mal ? Et si, derrière la contemplation horrifiée du sang qui coule, derrière l’indignation et la compassion, il y avait aussi du plaisir ?

Conçu comme une enquête réflexive, ce bref essai au ton souvent narquois explore des pistes qui, en interrogeant les rapports de notre société à la nature, à la violence et au sacré, bousculent nos certitudes. Écologiquement incorrect.

L’œuvre photographiée en quatrième de couverture est un détail d’une installation de Francis Moreeuw, 33 God Toys, 2005-2006.

Faut qu’ça saigne ! Écologie, religion et sacrifice. Editions Dépaysage, dans la collection « Sous l’écorce ». Paru le 26 juin 2020 ISBN : 978-2-902039-03-6

Spécialiste des perceptions et des représentations du milieu naturel ainsi que des rapports de l’humain à l’animal, Sergio Dalla Bernardina est professeur d’ethnologie à l’université de Bretagne-Occidentale. Directeur du LACI au sein de l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain, il dirige à l’EHESS le séminaire « De l’humain animalisé au vivant humanisé ».

L’animal comme prétexte: blog de Sergio Dalla Bernardina

 

Visioconférence | Durée: 1h05 | Enregistrée le 1er décembre 2020

Echanges avec le public| Durée: 36’53 | Enregistré le 1er décembre 2020

 

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Norman Ajari “La dignité ou la mort. Éthique et politique de la race”

Être africain ou afrodescendant, c’est provenir d’un peuple dont l’humanité fut contestée sur les plans juridique, scientifique, philosophique, théologique, économique, psychiatrique. On n’en continue pas moins à exiger des Afrodescendants qu’ils cessent de « ressasser », de « ruminer » l’histoire coloniale, répétant ainsi une vieille injonction esclavagiste à l’oubli des ancêtres et à la méconnaissance de la communauté d’origine.
Pourquoi prendre la question sous l’angle de la dignité ? La dignité est ce que le Blanc essaie d’abolir lorsqu’il exerce sa violence sur le Noir. Mais c’est aussi ce dont le Blanc se prive lui-même lorsqu’il exerce sa violence sur le Noir. Enfin, c’est ce que le Noir réaffirme collectivement lorsqu’il s’engage contre la domination blanche. Lorsque la dignité d’un jeune Noir est prise d’assaut, lorsqu’il est violé ou assassiné par les représentants de l’État, c’est une longue histoire de luttes, de conquêtes et d’affirmation d’une humanité africaine qui vacille et tremble sur ses bases.
La Dignité ou la Mort propose une implacable analyse critique de la tradition philosophique européenne. Mais c’est pour mieux renouer avec l’histoire méconnue de la pensée radicale des mondes noirs. Les révoltes d’esclaves, la négritude, les usages révolutionnaires du christianisme en Amérique du Nord et en Afrique du Sud, l’ontologie politique seront autant d’étapes d’un véritable parcours de libération.
La dignité est la capacité de l’opprimé à tenir debout entre la vie et la mort.

Norman Ajari est docteur en philosophie et enseignant à l’université Villanova de Philadelphie. Il est également membre du bureau exécutif de la Fondation Frantz-Fanon.

 

Visioconférence | Durée: 47’38 | Enregistrée le 24 novembre 2020

 

Echanges avec le public| Durée: 58’22 | Enregistrés le 24 novembre 2020

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Chadia Arab: “Dames de fraises, doigts de fée. Les invisibles de la migration saisonnière marocaine en Espagne.”

À la fin des années 2000, des milliers de Marocaines sont parties travailler à la cueillette des fraises dans la province de Huelva, en Espagne. Recrutées directement au Maroc par des contrats saisonniers, ces “Dames de fraises” sont choisies pour la précarité de leur situation et parce qu’elles laissent des enfants qui les contraindront à revenir.

Chadia Arab, Dames de fraises, doigts de fée. Les invisibles de la migration saisonnière marocaine en Espagne, En toutes lettres, Casablanca, 2018, 188 pages, 978-9954987902 – 75 DH, 15 euros.

 

Chadia Arab, géographe et chercheuse au CNRS, analyse les rouages de ce programme de migration circulaire, pensé pour répondre aux besoins de main-d’œuvre et réguler les flux migratoires entre le Maroc et l’Union européenne, mais dont les femmes sont les grandes oubliées.

 

Visioconférence| Durée: 1:03 | Enregistrée le 26 mai 2020

 

Débat audio| Durée: 1:19 | Enregistré le 26 mai 2020

 

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Bertrand Vidal : “Survivalisme. Etes-vous prêts pour la fin du monde ?”

Réchauffement climatique, pandémie mondiale, tsunami géant, accident nucléaire, black-out généralisé et même… invasion zombie. Parce que les désastres à venir sont aussi nombreux qu’inéluctables, des individus se préparent. Ils entassent des réserves de nourriture, construisent des abris, achètent des armes et s’exercent à la survie en milieu sauvage. Du cinéma à la téléréalité, les industries culturelles se sont emparées du survivalisme, le propageant comme un virus à la culture mainstream, tandis qu’une véritable économie internationale se met en place. Le temps est venu de décrypter ce phénomène qui s’amplifie de jour en jour. Qui sont les survivalistes ? Quelles sont leurs motivations ? Sont-ils des individus lucides et prévoyants ou de nouveaux fanatiques de l’apocalypse ? Des Robinsons postmodernes ou des paranoïaques va-t-en-guerre ? Découvrez la première analyse de ce phénomène qui ne connaît plus de frontières, de la Silicon Valley aux endroits les plus reculés de la planète… et préparez-vous au pire !

Bertrand Vidal est sociologue et chercheur à l’université Paul Valéry de Montpellier. Il s’est imposé comme une référence incontournable dans l’étude du phénomène survivaliste et intervient régulièrement dans de nombreux médias comme Le MondeLibérationVice ou Les Inrocks.

Conférence confinée| Durée: 1h53Enregistrée le 7 avril 2020

 

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Félicie Drouilleau-Gay “Secrets de familles. Parenté et emploi domestique à Bogota”

Au sein de familles, des femmes travaillent comme employées domestiques, en Colombie et un peu partout dans le monde. Qu’on les appelle muchacha, criada ou empleada, tout concourt à les traiter comme des enfants, privées de droits, mais aussi d’une vie intime, conjugale et maternelle. Pourtant ces femmes résistent, à travers la maternité, les amourettes, et différentes formes de « micro-résistances féminines ». À partir de récits de vie et d’une ethnographie fine, l’auteure nous plonge au cœur des secrets et non-dits d’une société marquée par les dominations genrées, raciales et de classe. Nous suivons ainsi Mary, Paulina, Carmen, à travers leurs luttes quotidiennes depuis leur enfance et le travail comme « petites bonnes », jusqu’à la vieillesse, ses amertumes et désillusions. L’ouvrage souligne les enjeux de transmission, notamment à partir d’une analyse des parcours d’enfants de domestiques sur un temps long, de leur naissance à leur vie de jeunes adultes. Comment parviennent-ils à se situer dans cet entre-deux social qu’est le domicile employeur, lieu de travail de leur mère et milieu auquel ils n’appartiennent pas ? Violences symboliques et physiques s’articulent à des affiliations « manquées » souvent douloureuses.

Félicie Drouilleau-Gay est diplômée de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Elle a soutenu en décembre 2011 une thèse de doctorat en anthropologie sociale et culturelle, récompensée par la « Mention Spéciale » de l’Asociación de Colombianistas lors de son XVIIIe Congrès (Massachusetts, États-Unis, 2013). Ses travaux s’articulent autour de deux axes : l’analyse des transformations de la parenté dans des contextes et situations de travail, et l’éclairage des politiques publiques sur les évolutions écologiques du travail et de l’emploi. Elle est actuellement chargée d’étude au Céreq – Centre d’Études et de Recherches sur les Qualifications – et chercheuse associée au laboratoire LISST-Centre d’Anthropologie Sociale.

Félicie Drouilleau-Gay, “Secrets de familles. Parenté et emploi domestique à Bogota(Colombie, 1950-2010).”, éditions Petra, 2019, 312 p., ISBN: 9782847432312 – 23 €
Conférence | Durée: 49′17Enregistrée le 3 décembre 2019
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Daniel Bizeul “Martial ou la rage de l’humilié.”

« Martial est un métis au visage brun dont le père est martiniquais. Il est gay, et se lie parfois à des Blancs aisés pour de l’argent et du rêve. En 1992, à 24 ans, il apprend qu’il est contaminé par le virus du sida. Je venais de faire sa connaissance peu avant. Il meurt en 2010, à 42 ans. Selon les médecins, c’est le sida qui l’a emporté. Mais est-ce là une explication suffisante ? Sous l’attrait qu’il exerçait, enjoué ou songeur, pouvaient surgir de la rage et l’envie de tuer. Les liens ordinaires sombraient. Type odieux ou mal dans sa peau, individu immature, schizophrène étaient des termes employés, “rebut de la société”, disait-il de lui. »

Peut-on mener une sociologie de la folie ou de la colère ? En utilisant comme source principale les cahiers rédigés pendant des années par Martial et les moments partagés avec lui, le sociologue Daniel Bizeul rend compte de l’homme qu’il a aimé. À travers la vie reconstituée de Martial, Il est question des indésirables, ces parcelles d’humanité qui vivent de combines et d’aides sociales et sont rebelles à toute autorité.

Daniel Bizeul est membre du Cresppa-CSU (CNRS-Paris 8-Paris Nanterre). Il a notamment publié Avec ceux du FN. Un sociologue au Front national (La Découverte, 2003), et de nombreux textes sur la réflexivité dans l’enquête sociologique.

Daniel Bizeul, “Martial ou la rage de l’humilié.”, éditions Agone, 2018, 368 p. ISBN : 9782748903607 – 23€

Conférence | Durée: 58’35Enregistrée le 5 novembre 2019

Échanges avec le public | Durée: 32′ | Enregistré le 5 novembre 2019

 

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Stéphane Beaud « La france des Belhoumi. Portrait de famille (1977-2017)»

Un livre de plus sur les jeunes « issus de l’immigration » ? Pour dénoncer les discriminations qu’ils subissent, sur fond de relégation sociale dans les quartiers « difficiles » ? Et conclure sur l’échec de leur « intégration » dans notre pays ?
Non. L’ambition de Stéphane Beaud est autre. Il a choisi de décentrer le regard habituellement porté sur ce groupe social. Son enquête retrace le destin des huit enfants (cinq filles, trois garçons) d’une famille algérienne installée en France depuis 1977, dans un quartier HLM d’une petite ville de province. Le récit de leurs parcours – scolaires, professionnels, matrimoniaux, résidentiels, etc. – met au jour une trajectoire d’ascension sociale (accès aux classes moyennes).
En suivant le fil de ces histoires de vie, le lecteur découvre le rôle majeur de la transmission des savoirs par l’école en milieu populaire et l’importance du diplôme. Mais aussi le poids du genre, car ce sont les deux sœurs aînées qui redistribuent les ressources accumulées au profit des cadets : informations sur l’école, ficelles qui mènent à l’emploi, accès à la culture, soutien moral (quand le frère aîné est aux prises avec la justice), capital professionnel (mobilisé pour « placer » un autre frère à la RATP)…
Cette biographie à plusieurs voix, dont l’originalité tient à son caractère collectif et à la réflexivité singulière de chaque récit, montre différents processus d’intégration en train de se faire. Elle pointe aussi les difficultés rencontrées par les enfants Belhoumi pour conquérir une place dans le « club France », en particulier depuis les attentats terroristes de janvier 2015 qui ont singulièrement compliqué la donne pour les descendants d’immigrés algériens.

Sociologue, Stéphane Beaud, est professeur de sociologie à l’université de Poitiers, membre du Gresco. Il a notamment publié, Guide de l’enquête de terrain (avec Florence Weber, 1997), Retour sur la condition ouvrière (avec Michel Pialoux, 2012 ; 1reéd. Fayard, 1999), 80 % au bac, et après ? (2002, 2005 ), Pays de malheur ! (avec Younès Amrani, 2004, 2005) et Traîtres à la nation ? Un autre regard sur la grève des Bleus en Afrique du Sud (avec Philippe Guimard, 2011).

BEAUD Stéphane. La france des Belhoumi. Portrait de famille (1977-2017). Paris : Editions La Découverte, 2018, 352 p. ISBN : 9782707196118. 21 €

Conférence | Durée: 1:04:55 | Enregistrée le 4 juin 2019

 

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Giulia Mensitieri « Le plus beau métier du monde. Dans les coulisses de l’industrie de la mode »

La mode est l’une des plus puissantes industries du monde : elle représente 6 % de la consommation mondiale et est en croissance constante. Depuis les années 1980 et l’entrée dans l’économie néolibérale, elle est devenue l’image étincelante du capitalisme, combinant prestige, pouvoir et beauté, et occupe une place centrale dans les médias et les imaginaires. Pourtant, cette industrie, qui apparaît comme un horizon professionnel hautement désirable, repose principalement sur du travail précaire, et ce aussi bien là où la production est externalisée qu’au coeur de la production créative du luxe, comme les prestigieux ateliers des maisons de couture.
À partir d’une enquête en immersion auprès des travailleurs créatifs de cette industrie (stylistes, mannequins, créateurs indépendants, coiffeurs, maquilleurs, vendeurs, journalistes, retoucheurs, stagiaires, agents commerciaux, etc.), ce livre dévoile la réalité du travail à l’oeuvre derrière la façade glamour de la mode. Il met notamment en lumière les dynamiques d’exploitation et d’autoexploitation ainsi que le prestige social liés au fait de travailler dans un milieu désirable.
Des séances de « shooting » pour magazines spécialisés à la collaboration auprès d’un créateur de mode, en passant par des entretiens avec des stylistes travaillant pour de célèbres maisons de luxe et de couture, cette enquête dévoile une nouvelle forme de précarité caractéristique des industries culturelles du capitalisme contemporain, une précarité combinée au prestige, à la reconnaissance et à la visibilité. Il s’agit ainsi de décrypter les dynamiques invisibles sur lesquelles repose l’industrie de la mode pour mieux la «déglamouriser ».

Giulia Mensitieri est docteure en anthropologie sociale et ethnologie (EHESS). Ses recherches portent sur la mondialisation, les transformations du travail et les imaginaires désirables produits par le capitalisme contemporain.

MENSITIERI Giulia. « Le plus beau métier du monde ». Dans les coulisses de l’industrie de la mode. Paris : Editions La Découverte, 2018, 350 p. ISBN : 9782707195401. 22 €

Conférence | Durée: 53′08Enregistrée le 2 avril 2019

Échanges avec le public | Durée: 28’47 | Enregistrés le 2 avril 2019

 

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Julien Bernard “La concurrence des sentiments”

julien bernard - la concurrence des sentiments

La surprise, le coup de foudre amoureux, le chagrin, la peur, la colère, la joie, la compassion, nous faisons tous en tout lieu et à tout âge l’expérience d’émotions plus ou moins intenses qui nous marqueront pour la vie. Julien Bernard, toujours attentif aux frontières de l’humain, s’intéresse à ces “points de frottement” qui souvent nous dominent jusqu’à nous paralyser, quand ils ne nous mettent pas en action.
C’est par elles que nous nous inscrivons affectivement dans le monde naturel et social, par elles que nous nous positionnons face aux autres et que nous développons notre rapport au monde.
Ressentir des sentiments implique l’hétérogénéité des réalités subjectives et quantitatives qui nous entourent, d’où la difficulté méthodologique que rencontre le sociologue pour les saisir et les étudier. L’enjeu consiste à analyser en amont les déterminismes qui en seraient à la base et, en aval, la dynamique irrésistible que leur expression introduit.
Devenue une science à part entière incontournable dans les pays anglo-saxons, la “sociologie des émotions” est aujourd’hui un enjeu de premier plan pour les sciences sociales. Nos systèmes de communications ont évolué au point de devenir centraux dans la vie de chacun et nous sommes désormais inscrits dans une “société émotionnelle” pour une longue durée où désormais les sentiments devenus valeurs marchandes se font concurrence bien au-delà de nos personnes.

Né en 1980, Julien Bernard est Maître de conférences et Directeur adjoint du Département Sociologie à l’université Paris Nanterre ; membre du laboratoire Sophiapol ainsi que du groupe de recherche LASCO.
Après une thèse sur les émotions dans les rituels funéraires puis un travail sur les risques industriels, il s’est engagé dans une recherche sur le don du corps à la science. Il s’intéresse à la sociologie du corps et des émotions.

BERNARD Julien, La concurrence des sentiments. Paris : Editions Métailié, 2017, 256 p. ISBN : 979-10-226-0622-6. 20 €

Conférence | Durée: 50’40Enregistrée le 12 mars 2019

Échanges avec le public | Durée: 28’50 | Enregistrés le 12 mars 2019

 

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Weijing Guo « Internet entre Etat-parti et société civile en Chine »

L’accès à Internet et sa diffusion en Chine ont transformé profondément les modes de communication, d’expression et de mobilisation de la population chinoise. Les internautes chinois comme le gouvernement se sont rapidement saisis d’Internet et des nouvelles technologies. Alors que les premiers cherchent plus de liberté dans un régime autoritaire, ce dernier s’efforce d’encadrer ces nouvelles dynamiques à la fois en ligne et hors ligne afin d’éviter les débordements politiques et de garder le pouvoir. Cet ouvrage instruit des affrontements permanents qui se jouent à partir de groupes sociaux actifs sur Internet, grâce à Internet et à cause d’Internet dans trois champs significatifs : homosexualité, protection de l’environnement, défense du patrimoine culturel dans la ville de Canton. Entre ouverture économique et clôture politique, la mise en réseaux des acteurs, malgré tous les contrôles institués, laisse aux initiatives une place comprimée mais réelle et une autonomie relative de proposition.

Wenjing Guo docteure en anthropologie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chercheure associée au CESSMA (Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques), travaille en Chine sur les transformations de la communication numérique et en France sur les personnes sans-abri.

GUO Wenjing, Internet entre Etat-parti et société civile en chine. Paris : L’Harmattan, 2015, 336 p. ISBN : 978-2-343-06949-4 • 34,50 €

Conférence | Durée: 56′52 | Enregistré le 5 février 2019

Échanges avec le public | Durée: 49′ | Enregistrés le 5 février 2019

 

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Didier Fassin : “La vie. Mode d’emploi critique” (extrait)

Comment concevoir la vie dans sa double dimension du vivant et du vécu, de la matière et de l’expérience ? À cette question, la philosophie et, plus récemment, les sciences sociales, ont apporté toutes sortes de réponses, privilégiant souvent l’une ou l’autre de ces dimensions – le biologique ou le biographique. Est-il toutefois possible de les penser ensemble et de réconcilier ainsi les approches naturaliste et humaniste ? S’appuyant sur une série de recherches conduites sur trois continents, Didier Fassin s’y emploie en mobilisant trois concepts : les formes de vie, les éthiques de la vie et les politiques de la vie.
Dans la condition des réfugiés et des demandeurs d’asile, à travers le geste humanitaire et le sacrifice pour une cause, à la lumière des statistiques de mortalité et des modalités de calcul des indemnités de décès, à l’épreuve, enfin, d’une enquête généalogique et ethnographique, l’économie morale de la vie révèle de troublantes tensions dans la manière dont les sociétés contemporaines traitent les êtres humains.
Une fois assemblées, comme dans un puzzle, les pièces de cette composition anthropologique, une image apparaît : celle, troublante, des vies inégales.

Né en 1955, Didier Fassin est un anthropologue, sociologue et médecin français. Professeur de sciences sociales à l’Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d’études à l’EHESS, il est notamment l’auteur de “La Force de l’ordre” (2011), de “L’Ombre du monde” (2015) et de “Punir. Une passion contemporaine” (2017).

FASSIN Didier, La Vie. Mode d’emploi critique.Paris: Seuil, 2018, 192 pages, EAN 9782021374711.
18.00 €

Conférence (extrait) | Durée: 27′18Enregistrée le 8 janvier 2019

 

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Lamia Missaoui “Les figures des «étrangers de l’intérieur», celle du Gitan et du Maghrébin”

Alain Tarrius et Lamia Missaoui mènent une enquête depuis les années 1990 à l’échelle de l’espace méditerranéen, prenant pour socle d’analyse le concept de « moral area » développé par Robert E. Park au sein de l’école de Chicago des années 1930. Une plongée au coeur des économies souterraines mondialisées où les figures des « étrangers de l’intérieur », celle du Gitan et du Maghrébin en l’occurrence, sont exhibées comme « l’arbre qui cache la forêt » de la criminalité qui sévit notamment dans les puticlubs de La Junquera. Refusant de s’en tenir à la confortable polarisation médiatique et politique opposant la figure du « pauvre assisté » à celle de l’« honorable notable »

 

 

 

Dès les années 1980 des Algériens de France créent des réseaux transnationaux européens pour fournir de grands marchés souterrains à Bruxelles, Francfort, Strasbourg, Lyon, Marseille, Turin, Barcelone… Dans les années 1990 la forte émigration marocaine, plus d’un million de personnes, prend le relais avec plus de souplesse et de diversification. Années 2000 : les réseaux marocains du Levant espagnol, du Sud de France et d’Italie fusionnent avec ceux d’Europe méridionale de l’Est agrégeant Afghans, Turcs, Géorgiens, Russes et Ukrainiens à travers Bulgarie, Macédoine du Nord, Kosovo et Albanie : fournis en produits électroniques, hors régulation de l’OMC, fabriqués dans le Sud Est Asiatique et transités par Hong Kong, par les Émirats du Golfe arabique, puis par plusieurs ports sur la mer Noire. Des réseaux cosmopolites se forment dès la Bulgarie pour des ventes en « poor to poor », par les pauvres pour les pauvres, à moitié prix dans l’immense « marché des pauvres » sud européen. Contournant les grandes métropoles, Istanbul, Naples, Gênes, Marseille, Barcelone, les capitales du territoire circulatoire sont des villes moyennes, souvent frontalières et elles-mêmes caractérisées par de forts cosmopolitismes, albanais pour la zone transfrontalière albano-italienne de Shkodër et Durrës à Bari Brindisi et Tarente, et marocain pour celle, catalane, dans ‘l’espace Schengen’, de Perpignan, Andorre, Sitges avec La Junquera comme centralité de cette vaste zone morale transfrontalière. Là les réseaux criminels italiens ‘nangrhetta’ et ‘Sacra Corona Unita’ et russo-ukrainiens ‘du Dniepr’ pour la commercialisation des femmes balkaniques dans les Clubs prostitutionnels licites en Espagne, et des drogues opiacées, accompagnent ceux du « poor to poor » : les ravages parmi une jeunesse perpignanaise délaissée sont importants, ignorés par les politiques locaux absorbés par les clientélismes électoraux, ne comprenant les influences des circulations transfrontalières. Désormais plus de deux cent mille circulants forment avec plusieurs millions de résidents une société cosmopolite en mouvement le long de l’Europe méridionale susceptible de modifier les équilibres locaux.

Lamia Missaoui est enseignante-chercheure en sociologie à l’UFR des sciences sociales et au laboratoire Printemps (UMR 8085 CNRS/UVSQ). Elle est membre associé au laboratoire Migrinter « Migrations internationales, espaces et sociétés » (UMR 7301 CNRS / Université de Poitiers).

Conférence | Durée:59’52 | Enregistré le 9 octobre 2018

Échanges avec le public | Durée: 41′57 | Enregistrés le 9 octobre 2018

 

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Perig Pitrou Le Chemin et le champ. Parcours rituel et sacrifice chez les Mixe de Oaxaca (Mexique)”

L’auteur a réalisé une enquête ethnographique de deux ans chez les Mixe de l’État de Oaxaca (Mexique) consacrée à l’étude de la ritualisation accompagnant le renouvellement annuel des équipes municipales dans des communautés villageoises paysannes. La transcription des discours rituels prononcés en mixe par les gouvernants lorsqu’ils sacrifient des volailles, dans les fondements de la mairie ou au sommet d’une montagne, a permis d’établir comment cette pratique rituelle était mobilisée à la fois pour favoriser l’émergence de la vie (croissance du maïs, développement ontogénétique des humains) et pour participer à la résolution des conflits. L’exploration de cette double dimension fait l’objet de la monographie “Le chemin et le champ. Parcours rituel et sacrifice chez les Mixe de Oaxaca (Mexique)”.
Dans la continuité de ce travail, les recherches de Perig Pitrou s’engagent dans deux directions complémentaires et étudient les conceptions de la vie chez les peuples non-occidentaux ainsi que l’exercice du pouvoir et les pratiques traditionnelles de résolution des conflits.

Après avoir été allocataire du Centre d’études mésoaméricaines et centraméricaines, membre de la Casa de Velázquez, puis chercheur au musée du quai Branly et à l’University College London, Perig Pitrou a été recruté en 2012 comme chargé de recherche au sein du Laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France. De 2013 à 2014, il a dirigé le programme de recherche « Des êtres vivants et des artefacts », soutenu par la Fondation Fyssen, avant de devenir le directeur adjoint de la pépinière interdisciplinaire CNRS-PSL (Paris Sciences et Lettres) « Domestication et fabrication du vivant ». En 2016, il a créé avec Dimitri Karadimas, l’équipe « Anthropologie de la vie et des représentations du vivant ».

Perig Pitrou, Le Chemin et le champ. Parcours rituel et sacrifice chez les Mixe de Oaxaca (Mexique), Nanterre, Publications de la Société d’ethnologie, Coll. Recherches américaines, 2016, 368 p., EAN : 9782365190138, 25 €.

 

Présentation par Magalie  | Durée: 12′57Enregistrée le 5 juin 2018

Conférence | Durée: 55′41Enregistrée le 5 juin 2018

Échanges avec le public | Durée: 25’37 | Enregistrés le 5 juin 2018

 

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Cécile Campergue “Le tantrisme tibétain en France. Un bouddhisme occidental ?”

Pratiqué quasi exclusivement par des Européens, le tantrisme tibétain en France est-il pour autant un bouddhisme occidental, un bouddhisme façonné et transformé par et pour les Occidentaux ?

Cette séance, organisée en partenariat avec le CLAP à Lodève nous amène à questionner la manière dont se structure, en France, cette pratique religieuse. Le rôle des maîtres, les lamas, dans la « traduction » de cette doctrine opérée à partir de leur compréhension des valeurs et idéologies occidentales est fondamentale dans ce processus. Réciproquement, nous évoquons la manière dont les adeptes occidentaux appréhendent cette relation au maître au travers des différents aspects, notamment émotionnels mais aussi rituels, que cette relation comporte.

 

 

Cécile Campergue est ethnologue, chargée de cours à l’Ucly (Lyon) et à l’IFER (Dijon) et postdoctorante au GSRL (Groupe Sociétés Religions Laïcités, CNRS-EPHE, Paris). Elle a déjà publié chez L’Harmattan sa thèse de doctorat remaniée: “Le rôle du maître dans la diffusion et la transmission du bouddhisme tibétain en France” (2012).

Conférence | Durée: 57′Enregistrée le 12 mai 2018

Échanges avec le public | Durée: 1h | Enregistrés le 12 mai 2018

 

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Monique Selim : “Des sexualités globalisées à l’avant garde?”

L’intimité sexuelle, devenue orientation sexuelle, est maintenant l’objet d’une gestion collective, politique et internationale. Le sigle LGBT (Lesbien, Gay, Bisexual, Transexual) a ainsi acquis une place centrale dans les programmes des grandes organisations internationales et des petites ONG. C’est cette importance des droits sexuels que cet ouvrage explore, sous différents angles et à partir de terrains contrastés, dans une perspective anthropologique attentives aux logiques subjectives et singulières.

Monique Selim est anthropologue, Directrice de recherche IRD, Responsable de l’axe Travail, Finance, Globalisation au sein de l’UMR 245 CESSMA (Centre d’Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques), Université Paris Diderot / INALCO / IRD.
Ses recherches ont été au départ axées sur des espaces urbains stigmatisés de la société française (cité HLM de la banlieue nord de Paris, groupe social assisté de l’ancien quartier industriel d’Amiens). Elles ont pris ensuite comme objet privilégié l’entreprise et les rapports sociaux de travail dans leur double articulation avec les processus économiques et les contextes culturels spécifiques de l’Inde, du Bangladesh, du Laos, du Vietnam, de l’Ouzbékistan. Elle travaille aujourd’hui sur le developpement de la société civile en Chine. Les effets toujours singuliers de la mondialisation, ses réinterprétations endogènes par les différents acteurs sociaux et opérateurs institutionnels sont au centre de sa problématique.

Sous la direction de Monique Selim et Winjing Guo Des sexualités globalisées à l’avant garde ? Paris, Editions L’Harmattan, mai 2017, 310 pages. ISBN : 978-2-343-12001-0. 31€

Conférence | Durée:1:02:55Enregistrée le 6 mars 2018

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Nastassja Martin : “Les âmes sauvages. Face à l’Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska.”

C’est l’hiver et la température avoisine les moins quarante degrés. Les yeux levés vers les aurores boréales qui animent le ciel arctique, nous écoutons. Le chasseur commence à siffler dans leur direction. C’est un son continu, aigu mais contenu, qui résonne dans le silence de la nuit polaire. Qui appelles-tu ? Elles, les aurores, et ceux qui transitent avec elles, les esprits des disparus, des hommes, des animaux, des plantes, qui courent sur un ciel glacial dans les explosions de couleurs.
Qui sont ces hommes qui se nomment eux-mêmes les Gwich’in et peuplent les forêts subarctiques ? Sont-ils encore de fiers guerriers qui poursuivent les caribous jusque sur l’échine arctique de la Terre, ou ressemblent-ils plutôt à des humains dévastés par la colonisation occidentale qui titubent dans les rues verglacées des villes du Nord sous les effets de l’alcool ? Et que dire du territoire qu’ils habitent, l’Alaska contemporaine ? Cette terre demeure-t-elle fidèle aux images de nature sublime et préservée qui peuplent nos esprits d’Occidentaux, ou disparaît-elle face aux réalités énergétiques, politiques et économiques qui la transforment en un champ de bataille jonché de mines à ciel ouvert et d’exploitations pétrolières ?
À l’heure du réchauffement climatique, aucun de ces clivages ne subsiste. Les mutations écologiques du Grand Nord sont telles qu’elles brouillent le sens commun et balayent toutes les tentatives de stabilisation, de normalisation et d’administration des écosystèmes arctiques et de leurs habitants. Loin de toute folklorisation indigéniste et de tout manifeste écologiste, ce livre s’attache à retranscrire les réalités des hommes qui parlent encore à l’ombre des arbres et sous le sceau de leur secret. Les âmes sauvages de l’Alaska sont celles qui se meuvent dans les plis d’un monde en révolution, et qui font de la métamorphose continuelle des choses et de l’incertitude des êtres un mode d’existence à part entière.

Nastassja Martin est anthropologue, diplômée de l’École des hautes études en sciences sociales, spécialiste des populations arctiques.
Elle a consacré neuf ans de sa vie à l’étude des Gwich’in, un peuple du Grand Nord américain, expérimentant un autre rapport au temps et à elle-même. L’art de l’attente, elle l’a appris sur le terrain. Durement. Elle avait 23 ans quand elle est partie vivre avec le peuple gwich’in en Alaska, pour une durée indéterminée, dans le cadre de sa thèse, dirigée par l’anthropologue Philippe Descola. Elle est restée deux ans et de cette rencontre, elle nous raconte l’histoire.

 Nastassja Martin, Les âmes sauvages. Face à l’Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska, Paris, La Découverte, 2016, 326 p., ISBN : 9782707189578. 22 €

Conférence | Durée:1:39:31| Enregistrée le 06 février 2018

 

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Roberta Chiroli : “Ora e sempre No Tav”.

Roberta Chiroli - Ora e sempre no tav Le Val de Suse, une zone située sur une marge de l’Italie – l’extrême ouest du pays – mais devenant de façon inattendue centrale dans chaque discours sur les «grands travaux» et sur son développement souhaitable ou non. Un territoire réinventé, repensé et transformé grâce à une mobilisation de masse, radicale, conviviale, créative, imaginative, compétente et – surtout – durable. Riant et plaisantant (mais criant et pleurant aussi), déjà vingt-six ans de lutte des habitants de cette vallée pour protéger leur environnement de la construction du TAV – ligne TGV Lyon-Turin.

Son observation anthropologique du mouvement écologiste « No Tav » a valu à la chercheuse Roberta Chiroli une condamnation judiciaire de 2 mois de prison avec sursis. Un jugement motivé par l’utilisation dans la rédaction de son travail universitaire de la première personne du pluriel ; c’est ce « nous », qualifié de « participatif » par le procureur, qui aurait rendu l’auteure coupable selon la justice italienne…
Roberta Chiroli est docteure en anthropologie de l’Université Ca’ Foscari de Venise.

Conférence | Durée: 1:04:21Enregistrée le 9 janvier 2018

 

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Martin Olivera “Ethnographier les Roms, assumer le malentendu et diffuser des connaissances”?

Quelques réflexions sur l’implication de l’anthropologue”

Cette communication qui porte entre autre sur la relation entre anthropologie et diffusion des connaissances ou implication de cette diffusion rappelle de manière plus large le débat cher à la science, initié par Max Weber entre savant et politique notamment dans un contexte où les autorités locales initient des politiques publiques ici à Montpellier depuis 2015 et en France depuis 2010, 2012. De manière plus singulière, cette invitation permet un regard extérieur sur des relations et des réflexions qui se posent de plus en plus au niveau local, les Roms faisant l’objet de nombreux travaux d’anthropologues en France, en Seine St Denis avec les travaux de Martin Olivera, à Bordeaux, avec les travaux d’Alexandra Clavé-Mercier ici présente et avec ceux de Marion Lievre ici à Montpellier.

Martin Olivera est ethnologue et coordinateur ‘Action tsigane’ au sein de l’association Rues et cités qui a pour objet la protection de l’enfance, la prévention de l’exclusion, et l’aide à l’insertion professionnelle, spécialiste de l’histoire des Roms.

Conférence | Durée: 58′Enregistrée en juin 2017

Echanges avec le public | Durée: 1h | Enregistrés en juin 2017

 

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Alban Bensa, “Les sanglots de l’aigle pêcheur. Nouvelle-Calédonie : La guerre Kanak de 1917”.

En avril 1917, des Kanaks du Nord de la Grande Terre se lancent dans une guerre contre les autorités françaises et leurs soutiens locaux. Refusant le recrutement de nouveaux « volontaires » pour aller se battre en Europe et exaspérés par le déni d’existence que leur opposait la colonie, ils luttent douze mois durant, jusqu’à épuisement. Vaincus par les armes, décimés, dispersés et pourtant toujours là, c’est à la parole et à l’écriture qu’ils confièrent le soin de garder mémoire de ce temps.
Ce livre-CD met en scène les voix qui, de 1919 à 2011, portent avec elles l’histoire de la Guerre kanak de 1917, son souvenir et son actualité. Liant histoire et anthropologie, articulant récits et épopées versifiées ici publiés en bilingue et commentés, cet ouvrage déploie une polyphonie par laquelle ses auteurs et des écrivains, poètes et narrateurs kanaks de jadis et d’aujourd’hui composent ensemble une œuvre engagée dans la prise de souveraineté intellectuelle des Kanaks.

Anthropologue, Directeur d’études à l’EHESS, Alban Bensa mène une réflexion continue sur les fondements épistémologiques d’une anthropologie de l’action, de l’événement et des transformations sociales.

Alban Bensa, Kacué Yvon Goromoedo et Adrian Muckle, “Les sanglots de l’aigle pêcheur. Nouvelle-Calédonie : La guerre Kanak de 1917”, éditions Anarcharsis, 2015. (ISBN : 9782914777971).

Conférence | Durée: 1:39:28Enregistrée le 4 octobre 2016

 

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Anaïs Vaillant “Sur le carnaval”

SUR LE CARNAVAL”

Une semaine après les jours gras, le Bistrot vous propose dans cette séance “Sur le carnaval” un état des lieux de quelques carnavals contemporains et locaux autour de quatre interventions de chercheurs et/ou carnavaliers du Languedoc .

 

  • Anaïs Vaillant, ethnologue, à propos du carnaval des gueux de Montpellier et modératrice de la soirée. “Quelles pratiques aujourd’hui de et dans ces carnavals ? Quelle vivacité ? “
  • Katia Fersing, ethnologue, à propos du Petassou de Trèves et qu projettera ses photographies de terrain;
  • Perrine Alrancq, comédienne, auteure et membre du Théâtre des Origines, à propos du carnaval de Pezenas;
  • Richard Escobassa, musicien, membre du GRAC Groupe de Recherches des Archives de Cournonterral et co-auteur du livre Cournonterral publié en 2018 par le GRAC, à propos du carnaval de Cournonterral ;
  • Pierre Laurence, ethnologue au Conseil Départemental de l’Hérault.

Crédit photo: Manu Tombouctou (Carnaval des Gueux)

Conférence | Durée: 1:12Enregistrée en mars 2017

Echanges avec le public | Durée: 32:43 | Enregistrés en mars 2017

 

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Yasmine Bouagga et Lisa Mandel, “Les nouvelles de la jungle”.

Une enquête de terrain pour découvrir l’accueil réservé aux réfugiés en France, pays des droits de l’Homme…

 

De février à mai 2016, la sociologue Yasmine Bouagga et la dessinatrice Lisa Mandel se sont rendues régulièrement à Calais pour raconter en bande dessinée le quotidien des camps de migrants et de réfugiés installés à proximité de l’entrée des points de passage vers le Royaume-Uni.

Lisa Mandel et Yasmine Bouagga, “Les nouvelles de la jungle”, Paris, Casterman, coll. Sociorama, 2017.

 

Conférence | Durée:1:27:59| Enregistrée le 28 février 2017

 

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Marie-Ange Lasmènes “La mémoire sociale de la coopération viticole”

De l’Ethnologie à Castelbarry

En 2011, la direction de la Cave Coopérative de Castelbarry, le Conseil d’administration, son président (François Boudou), et son directeur (Bernard Pallisé) soutenus par des partenaires locaux, régionaux et européens, sollicitaient l’ethnologue Marie-Ange Lasmènes et le photographe Alain Tendero pour valoriser son patrimoine immatériel et collecter la mémoire sociale des viticulteurs coopérateurs.

À l’heure où la viticulture sort d’une importante crise dans les années 2000, et où les coopératives viticoles Languedociennes sont contraintes de fusionner, la nécessité est de faire connaître l’organisation coopérative au grand public. Un autre constat pèse sur la coopération viticole : la moyenne d’âge des viticulteurs est de 55 ans. Remobiliser les adhérents et concerner les générations futures pour la reprise des exploitations devient une urgence. Entreprise non délocalisable, la cave coopérative, fondée en 1950, est un acteur du territoire à pérenniser. Le besoin de faire valoir l’impact social et économique de la structure sur le territoire et la volonté de mettre en lumière les valeurs sociales du système coopératif est donc exprimé en 2011. Il s’agit de sensibiliser une clientèle et d’impliquer des coopérateurs en valorisant la mémoire des acteurs de la coopérative, témoins de cette importante transition vers l’organisation collective de la viticulture. Toute l’originalité du projet est de confier la mission à l’ethnologue Marie-Ange Lasmènes et au photographe Alain Tendero. Par la convocation de l’ethnologie couplée à la photographie, la Culture devient un moyen de parler de la viticulture et de ses enjeux pour sensibiliser un large public. Le concept est une réelle initiative, c’est une première en France : collecter les mémoires orales des acteurs de la coopérative de Montpeyroux pour associer ces récits de vie et témoignages aux portraits actuels de la viticulture coopérative. Trois générations sont ainsi mobilisées et invitées à participer à la démarche qui se charge, dans le même temps, d’une valeur patrimoniale.

Un véritable travail de terrain est entrepris par l’ethnologue et le photographe. L’immersion in situ est alors le meilleur moyen d’appréhender la réalité sociale, les scènes de la vie quotidienne et ainsi être au cœur des enjeux de la viticulture en coopérative. Viticulteurs et membres du personnel ont livré avec émotions, la voix parfois entremêlée de larmes, leurs souvenirs et leurs perceptions de l’évolution du système coopératif viticole et de la vie locale.

« Au Cœur des vignes les hommes se racontent. Mémoire sociale de la Cave Coopérative de Montpeyroux », est le fruit de cette première étude ethnologique sur la mémoire sociale de la coopération viticole. Préfacé par le Professeur Jean Sagnes (Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Perpignan), l’ouvrage a remporté le Trop

Trophée d’Argent des Initiatives Coopératives, délivré par Coop de France (Union des coopératives françaises)

Crédits photos Alain Tendero

Conférence | Durée 53’54| Enregistrée le 3 juin 2016

Echanges avec le public | Durée: 46:30 | Enregistrés le 3 juin 2016

 

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Gaetano Ciarcia, « Le revers de l’oubli. Mémoires et commémorations de l’esclavage au Bénin »

Gaetano CIARCIA_Le revers de l'oubli
Au cours des années 1990, sur les lieux de l’itinéraire de la Route de l’Esclave dans le Bénin méridional, l’institution d’une mémoire officielle de la traite négrière a été accompagnée d’un mouvement de réforme des cultes vodun mené par leurs dignitaires ainsi que par des élites intellectuelles et politiques.

Issu d’enquêtes effectuées entre 2005 et 2012, le livre propose une analyse de certains espaces publics et cérémoniels significatifs d’un héritage culturel et moral émanant du passé esclavagiste. D’une manière aussi bien sélective que projective, l’injonction au souvenir de ce passé suscite des interprétations, des fictions et des récits mais également des oublis créateurs, entre reconstitutions se voulant consensuelles et versions partiales des faits de l’histoire.

 

Gaetano Ciarcia, “Le revers de l’oubli : mémoires et commémorations de l’esclavage au Bénin”, Paris, Karthala/Ciresc, coll. « Esclavages », 2016.
Conférence | Durée 1:06:39| Enregistrée le 5 avril 2016
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Valérie Rolle : “L’art de tatouer”

Valerie RolleDepuis la fin des années 1990, les recherches sur le tatouage se sont multipliées. Elles s’intéressent toutefois rarement au pendant professionnel de ce véritable engouement pour la pratique. Valérie Rolle a mené une enquête dans les studios de tatouage. Elle montre comment les tatoueurs gèrent la nécessité de satisfaire les désirs d’une clientèle désormais majoritairement néophyte et la volonté de réaliser des tatouages artistiques. Comment les projets de tatouage sont-ils négociés ? Quels critères sociaux et esthétiques guident la réalisation d’une image encrée ? Quelles qualités sont requises pour apprendre le métier et s’y faire une place ? Comment comprendre l’absence relative des femmes derrière la machine à tatouer, alors même qu’elles représentent aujourd’hui plus de 50% de la clientèle des studios ? Derrière les processus de popularisation et de féminisation d’une pratique, Valérie Rolle interroge, à travers ce cas singulier, la problématique plus générale des frontières de l’art.


Valérie Rolle, L’art de tatouer. Editions de la maison des sciences de l’homme, 2013.

Conférence | Durée 56:56| Enregistrée le 8 mars 2016

 

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David Le Breton, “Disparaitre de soi, une tentation contemporaine”.

Le Breton

Il arrive que l’on ne souhaite plus communiquer, ni se projeter dans le temps, ni même participer au présent ; que l’on soit sans projet, sans désir, et que l’on préfère voir le monde d’une autre rive : c’est la blancheur. La blancheur touche hommes ou femmes ordinaires arrivant au bout de leurs ressources pour continuer à assumer leur personnage. C’est cet état particulier hors des mouvements du lien social où l’on disparaît un temps et dont, paradoxalement, on a besoin pour continuer à vivre.

L’anthropologue et sociologue David Le Breton présente et replace dans son cheminement de chercheur son ouvrage “Disparaitre de soi, une tentation contemporaine” où il interroge diverses conduites actuelles visant à se délester de l’effort d’exister pour tenter de vivre encore.

David Le Breton, “Disparaitre de soi, une tentation contemporaine”, Editions Métailié, 2015 (ISBN : 979-10-226-0160-3).

 Conférence | Durée: 52′| Enregistrée le 2 février 2016

Echanges avec le public | Durée: 34’56| Enregistrée le 2 février 2016

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Françoise Héritier, “Les Deux Soeurs et leur mère. Anthropologie de l’inceste.”

Françoise Héritier nous livre une explication nouvelle des raisons de l’interdit de l’inceste, autour de son ouvrage :

Une mère et sa fille, ou encore deux sœurs, peuvent-elles partager le même homme ? À côté des relations entre père et fille, entre mère et fils, entre frères et sœurs, il existe un inceste du « deuxième type » qui concerne en particulier les consanguins de même sexe partageant un même partenaire.
Pourquoi ce type de relations est-il considéré comme tabou ?
L’analyse des raisons qui expliquent cet interdit conduit à une théorie nouvelle de l’inceste en général. Même lorsqu’il n’implique pas d’abus sexuel, il bouscule la représentation que nous avons et de nous-mêmes et du monde qui nous entoure.
C’est donc à une véritable plongée dans les catégories les plus fondamentales de notre pensée que nous convie Françoise Héritier.

 

 

Conférence | Durée: 1:35:22| Enregistrée le 14 novembre 2015

 

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Dorothée Dussy “Le berceau des dominations – Anthropologie de l’inceste”

Tous les jours, près de chez vous, un bon père de famille couche avec sa petite fille de neuf ans. Ou parfois elle lui fait juste une petite fellation. Ou c’est un oncle avec son neveu ; une grande soeur avec sa petite soeur. Dans cette anthropologie de l’inceste, Dorothée Dussy se penche sur les mécanismes complexes par lesquels l’inceste, en théorie interdit et condamné, est couramment pratiqué dans l’intimité des foyers français.
A la faveur du réel, et de la banalité des abus sexuels commis sur les enfants, l’inceste se révèle structurant de l’ordre social. Il y apparaît comme l’outil primal de formation à l’exploitation et à la domination de genre et de classe. Cinq ans d’enquête ethnographique menée auprès d’enfants incestés devenus grands, et auprès de leur famille, sont restitués dans une trilogie dont Le berceau des dominations forme le premier livre.
S’appuyant principalement sur une série d’entretiens réalisés en prison auprès d’hommes condamnés pour viol sur des enfants de leur famille, l’auteur donne dans ce premier opus la parole aux incesteurs. Simples maillons d’une généalogie familiale où l’inceste leur préexiste, on comprend que les incesteurs incestent par facilité, par mimétisme, par opportunisme, ou encore par identification. Sans complaisance, mais sans mettre l’incesteur en position d’étrangeté, l’auteur guide le lecteur pas à pas dans un voyage subversif au coeur de familles que rien, ou presque, ne distingue des vôtres.

Dorothée Dussy est une anthropologue française, chercheure au Centre Norbert Elias et directrice de recherche au CNRS. Une partie de ses travaux porte sur la pratique de l’inceste dans les familles occidentales.

Conférence | Durée: 44’36| Enregistrée le 12 mai 2014

 

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Philippe D’Iribarne “L’islam face à la démocratie”

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Christian Bromberger « L’autre Iran »

Un autre Iran… c’est le Gilân, cette province du nord du pays, qui présente, par ses paysages, son histoire, les activités, les modes de vie, les coutumes de ses habitants, une physionomie singulière et inattendue.
Un autre Iran… c’est aussi une autre image de l’Iran, loin de la vision caricaturale d’un pays écartelé entre le régime totalitaire et répressif de clercs enturbannés et les revendications d’artistes et d’intellectuels de renom créant contre vents et marées.
Un autre Iran… c’est enfin un livre « autre », associant les souvenirs personnels et l’exposé savant, anecdotes de voyage et notes de bas de page. Se mêlent ainsi regard sensible et « regard éloigné », proximité et distance, deux attitudes indissociables dans la démarche ethnologique.
Résultat de recherches menées pendant une quarantaine d’années, cet ouvrage abondamment illustré s’offre comme un modèle pour l’analyse d’une société saisie dans sa mouvante complexité.

Christian Bromberger, ethnologue, professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille, où il a créé l’IDEMEC (Institut d’ethnologie méditerranéenne et comparative), et ancien directeur de l’IFRI (Institut français de recherche en Iran). Il est l’auteur de travaux sur la Provence, sur l’Iran, et en particulier sur la province du Gilân, sur la passion populaire pour le football et sur la gestion sociale et culturelle de la pilosité. Il préside l’association Germaine Tillion.

Conférence | Durée: 49:57 Enregistrée le 6 janvier 2014

 

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Mathieu Trachman « Les métiers pornographiques »

Depuis les années 1970, la pornographie s’organise comme un monde professionnel, se fixant pour tâche de représenter les désirs des consommateurs, mobilisant des savoir-faire spécifiques pour y parvenir. Alors que l’influence de ces images ou la violence qui les caractériserait sont souvent au centre des débats, ce livre, en s’appuyant sur une enquête de terrain au sein la production pornographique française, pose d’autres questions : comment les pornographes parviennent-ils à circonscrire un espace pour leur activité ? Quelles formes prennent les relations de travail dans un contexte de professionnalisation de la sexualité ? Comment s’opèrent les partages entre sexualité féminine et masculine, homosexualité et hétérosexualité, et pourquoi sont-ils ici un enjeu majeur ?
Mettant en marché les fantasmes, mobilisant les désirs des actrices et des acteurs, reposant sur des formes spécifiques d’exploitation, le monde de la pornographie permet de saisir certaines évolutions contemporaines du capitalisme, et leurs articulations avec les rapports de genre et de sexualité. Il offre également l’occasion de faire de l’hétérosexualité un objet d’enquête à part entière. Alors que réalisateurs et producteurs se donnent pour tâche de saisir une multiplicité de fantasmes, ils définissent leur métier comme masculin, mais aussi comme hétérosexuel. L’enquête met en évidence une circonscription paranoïaque de l’homosexualité masculine et les contradictions au principe de l’hétérosexualité, dans lesquelles les pornographes sont pris.

Mathieu Trachman est docteur en sociologie (IRIS/EHESS).

Conférence | Durée: 47:48 Enregistrée le 2 décembre 2013

 

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Michel Agier « La condition cosmopolite : l’anthropologie à l’épreuve du piège identitaire

La mondialisation libère les uns et oppresse les autres. Et dans cette partition du monde, chacun est renvoyé à une identité prétendument essentielle et « vraie ». D’où un véritable «piège identitaire », négation de l’autre et de sa subjectivité, parfois justifié par l’anthropologie – à l’opposé de sa vocation humaniste et critique. Face à ce défi, le regard contemporain sur le monde doit être repensé, en dépassant le relativisme culturel et ses «ontologies » identitaires.
Dans ce livre, Michel Agier prend une position résolument « décentrée », invitant le lecteur à reconsidérer les sens et les usages de la frontière : lieu de passage, instable et sans cesse négociée, elle nous fait humains en instituant la place et l’existence sociale de chacun tout en reconnaissant celles des autres. Le mur est son contraire : il incarne le piège identitaire contre l’altérité.
Cette enquête sur l’état du monde et sa violence, sur les frontières et les murs, sur le sens des mots (« identité », « civilisation », « race », « culture ») propose ainsi une réflexion originale sur la condition cosmopolite, figure à double face : d’un côté, l’étranger absolu, global et anonyme, que dessinent les politiques identitaires sous des traits effrayants ; de l’autre, le sujet-autre, celui qui venant de l’extérieur de « mon identité », m’oblige à penser tout à la fois au monde, à moi et aux autres. En plaidant pour la validité de l’approche anthropologique, Michel Agier cherche ici à dépasser le piège identitaire, à montrer que d’autres manières de penser sont possibles. Réapprendre à passer les frontières où se trouve l’autre, à les reconnaître et à les fréquenter, est devenu l’un des enjeux majeurs de notre temps.

Michel Agier , ethnologue et anthropologue, Directeur de recherche à l’IRD et Directeur d’Etudes à l’EHESS; ses domaines de recherches portent sur les relations entre la mondialisation, les conditions et lieux d’exil et la formation de nouveaux contextes urbains.

Conférence | Durée: 33:30 | Enregistrée le 4 novembre 2013

 

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Pascal Lardellier “Les réseaux du cœur – Sexe, amour et séduction sur Internet”

En France, plus de la moitié des célibataires fréquentent un site de rencontre. Et Internet, ça marche, au point que certains se demandent ” comment on faisait avant “. Les Réseaux du coeur analysent les bouleversements introduits par la Toile dans nos relations intimes. Au terme d’une longue enquête, nourrie de nombreux témoignages, l’auteur explique que, en ligne, on se raconte bien plus qu’on ne se rencontre. Royaume de l’ego-business, le Web consacre l’avènement du marketing amoureux, du zapping relationnel et de la rencontrophagie. Car le libéralisme triomphant gagne les rapports amoureux numérisés. Pourtant, les internautes rêvent encore du grand Amour, et ils parviennent parfois à le rencontrer, au détour de l’écran. Plongée au coeur du Net sentimental.

Pascal Lardellier, est professeur des universités en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bourgogne, par ailleurs auteur, chroniqueur et conférencier.

 

Conférence | Durée: 1:03:38 | Enregistrée à la Laiterie le 13 mars 2013

 

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Sergio Dalla Bernardina “Le retour du prédateur. Mises en scène du sauvage dans la société post-rurale”

La hantise du sauvage est passée de mode. Pour être en adéquation avec les valeurs contemporaines il faut aimer les fauves. Il faut les avoir vus, avoir entendu leurs grognements nocturnes et leurs chants d’amour. Il faut même leur ressembler. L’animal sauvage est partout. Il envahit les campagnes et les bois abandonnés par les ruraux. Il fréquente nos maisons sous forme de trophées (très à la mode en dépit de l’écologisme ambiant), de nourriture (l’alimentation à base de gibier a doublé en quelques années), de vêtements (après une courte éclipse la fourrure est revenue). Il fournit des modèles de comportement et se prête aux identifications les plus hétérogènes : sous le signe du prédateur, on voit cohabiter des “écolos” pacifistes, des biologistes engagés, des néo-chamanes romantiques, des néo-nazis enragés. Comment expliquer cet engouement pour le sauvage ? S’agit-il d’un besoin profond ou d’une mode ? Faut-il y voir le réveil de nos pulsions les plus archaïques (celles-là mêmes que nous partageons avec les autres animaux) ? Le reflet d’une prise de conscience environnementaliste ? Un simple effet de marché ?

Sergio Dalla Bernardina, professeur d’ethnologie à l’Université de Bretagne occidentale. Les recherches de Sergio Dalla Bernardina portent à la fois sur l’anthropologie de la nature, les conditions de production du discours anthropologique et l’influence de la subjectivité du chercheur dans le processus heuristique.

Conférence | Durée: 55:11 | Enregistrée le 5 février 2013

 

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Laurent Dousset “Mythes, missiles et cannibales”

Cet ouvrage fait le récit d’un premier contact, hors du commun, entre des colons occidentaux et les membres d’une société aborigène située dans le Désert de l’Ouest, une étendue aussi gigantesque que peu accueillante au cœur du continent austral. Ce contact eut lieu il y a à peine plus de cinquante ans, en 1956. Les récits et archives abondent, les témoignages oraux existent et, surtout, les autochtones qui ont vu et vécu l’arrivée du premier Blanc vivent encore et en parlent. Les acteurs ont dû se confronter à un type de colonialisme particulier puisque les Britanniques et les Australiens entreprirent d’investir le cœur du Désert de l’Ouest pour y effectuer d’abord des explosions nucléaires, puis des lancements de missiles balistiques. Les termes « mythes », « missiles » et « cannibales » résument ainsi les représentations et les objectifs occidentaux qui ont motivé et orienté cette rencontre culturelle : une Australie espérée identique à l’Europe, des objectifs géostratégiques qui font disparaître les réalités du terrain et des Aborigènes qui sont placés au bas de l’échelle sociale. En passant par l’analyse des notions de « premier contact », de « tribu perdue » et de « présent ethnographique », tout en les situant dans le contexte australien, ce livre discute les mythes qui ont accompagné la découverte occidentale de l’Australie, puis du centre du continent, afin de mieux comprendre les politiques de ségrégation d’abord et d’assimilation ensuite qui ont dominé les rencontres culturelles dans le Désert de l’Ouest. Il fait ensuite l’analyse critique du contexte dans lequel la culture est devenue pour les Aborigènes un objet de revendication politique qui finit par porter ses fruits dans le cadre des exigences de restitutions foncières.

Laurent Dousset est un anthropologue français, spécialiste des sociétés aborigènes d’Australie et du Vanuatu. A la suite de ses terrains dans ces sociétés, il s’est intéressé aux notions et phénomènes d’incertitude, de confiance et de crise sociale dans les communautés humaines qu’il analyse comme des moments de hiérarchisation des valeurs sociales fondamentales.
Il est directeur d’études à l’EHESS et membre du CREDO.

Conférence | Durée: 1:51:38 | Enregistrée le 9 janvier 2013

 

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C.Amiel et JP.Piniès “Fragments l’abbaye d’Aniane, de la colonie pénitentiaire à la base de plein air, 1885-2000 imaginaires, pratiques et mémoires “

Cette étude sur la colonie pénitentiaire d’Aniane (1885-1945) qui deviendra base de plein air à partir des années cinquante, s’inscrit dans le renouvellement des regards que l’ethnologie porte aujourd’hui sur les monuments historiques.

Comment lire le quotidien des enfants et des jeunes gens placés dans cette institution ? Comment comprendre les gestes et les volontés de ceux qui en avaient la charge ? Qu’attendaient les uns et les autres de ce séjour ? Par quels jeux de miroirs se pensaient-ils mutuellement ? Comment le village d’Aniane a-t-il vécu cette proximité et quelles relations a-t-il entretenues avec les « colons » ?

En fin d’ouvrage une partie aborde la question de la mémoire collective. Sollicitée par les projets autour de la restauration de l’abbaye, celle-ci, loin d’un savoir consensuel figé dans les certitudes d’une vérité historique officielle, est aujourd’hui en pleine effervescence, passionnée et passionnelle, contradictoire et même, parfois, conflictuelle. Ce sont quelques-unes des figures de cette mémoire en action qui sont ici données à lire.

Christiane Amiel
Ethnologue, chercheur associée au Lahic (Cnrs-Ehess), chercheur à l’Ethnopôle-Garae. A consacré plusieurs études aux représentations du monde naturel, à son imaginaire et aux rituels qui en sont issus. A aussi travaillé sur la construction de l’identité dans plusieurs communautés et ouvert un champ sur la mémoire et l’ethnologie des monuments historiques. Etudie actuellement les métamorphoses de l’univers viticole en Languedoc.

Jean Pierre Piniès
Ethnologue, chercheur associé au Lahic, vice-président de l’Ethnopôle-Garae, a travaillé sur les formes populaires de la croyance et de la religion, puis sur la littérature orale et l’ethnographie de gens de la rue. Il s’est aussi intéressé aux codes et à la diversité des représentations iconographiques populaires, avant d’entreprendre une série d’études concernant l’ethnologie de la monumentalité. Il poursuit actuellement une recherche, dans une perspective muséographique, sur l’usage du matériau ethnographique.

Conférence | Durée: 54:02 | Enregistrée le7 décembre 2012

 

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Suzanne Lallemand “Routards en Asie”

Entre touristes et voyageurs, ont émergé des catégories plus fines de gens circulant sur divers continents, tels le routard (ou “backpacker). Utilisant les ressources de l’ethnologie, l’auteur a suivi plusieurs circuits de routards en Asie du Sud-est, soulevant quelques interrogations d’ordre sociologique, relevant de leurs comportements, de leurs pratiques et de leurs interactions avec le territoire et la population d’accueil. Quels groupes constituent-ils ? Quels changements générationnels ont-ils connus ?

Suzanne Lallemand, ethno-anthropologue. Elle a été directrice de recherche au CNRS jusqu’en 2009.

 

 

 

Conférence | Durée: 43:53 | Enregistrée le 4 décembre 2012

 

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Marc Augé “Les trois ethnologies”

C’est une biographie intellectuelle qui débute à la fin des années 50, au moment de la guerre d’Algérie et suit jusqu’à aujourd’hui le mouvement irrésistible qui a fait passer toute une génération de la colonisation à la globalisation. C’est la réflexion d’un ethnologue qui essaie de justifier et de prolonger l’affirmation de Lévi-Strauss selon laquelle l’ethnologie est l’une des rares activités humaines qui réponde à une vocation. Le livre récapitule les résultats d’une recherche de près d’un demi-siècle, en réaffirmant la nécessité d’une anthropologie critique, l’importance de l’écriture pour créer de nouvelles formes de narrativité et tenter ainsi d’échapper au nouveau cauchemar mythique qui nous guette si nous nous laissons séduire par les sirènes du global et des médias, l’idéologie du présent et de la transparence.

La vie en double“, éditions Payot, parution en mars, 2011. 272 pages. Format : 12.0 x 19.5 Prix: 18,95€ ISBN:978-2-228-90626-5
Marc Augé est directeur d’études à l’EHESS, après en avoir assuré la présidence. Ethnologue, ses travaux ont d’abord porté sur l’Afrique avant de le conduire à explorer divers aspects de la vie quotidienne dans la France contemporaine. Il a notamment publié, chez Fayard, Le sens des autres et Fictions fin de siècle.

Conférence | Durée: 1:16:36| Enregistrée le 24 avril 2012

 

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Frédérick Keck, “Un monde grippé”

Surveiller les animaux, préparer les humains : Que reste-t-il de la grippe pandémique ?

Un tour du monde des virus qui émergent, des animaux qui les transmettent et des humains qui s’en protègent. Pour l’auteur, la grippe suscite des émotions collectives parce qu’elle envisage l’arrêt possible de la circulation des êtres vivants. Un horizon catastrophique qui ouvre de nouvelles perspectives sur les relations entre les hommes et les animaux dans les sociétés globalisées.

Frédéric Keck, anthropologue, chargé de recherche au laboratoire d’anthropologie sociale du CNRS, spécialiste de l’histoire de l’anthropologie sociale. Attaché à l’Institut Marcel Mauss et au Centre d’Etudes Français sur la Chine Contemporaine, il est l’auteur de “Claude Lévi-Strauss, une introduction” (La découverte, 2005), “Lucien Lévy-Bruhl, entre philosophie et anthropologie” (CNRS, 2008). Il a participé à l’édition des Oeuvres de Claude Lévi-Strauss dans la “Bibliothèque de la Pléiade” (Gallimard, 2008) et de l’oeuvre de Bergson (PUF, 2008) Son enquête de terrain a donné lieu à deux publications en 2009 : « Conflits d’experts. Les zoonoses, entre santé animale et santé publique », Ethnologie française, 2009, 1, p. 79-88, et « Les hommes malades des animaux » in Critique, numéro spécial « Libérer les animaux » Il rédige un récit de son enquête à paraître sous le titre “Journal d’un monde grippé”

Il a consacré sa thèse de doctorat à Lucien Lévy-Brubl, et a collaboré à l’édition des oeuvres de Claude Lévi-Strauss dans la « Bibliothèque de La Pléiade ».

« Le monde grippé » paru aux éditions Flammarion, en 2010.

Conférence | Durée: 51:28| Enregistrée le 10 janvier 2012

 

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Sébastien Roux: « No money, no honey. Economies intimes du tourisme sexuel en Thaïlande »

À partir de l’ethnographie de Patpong, un quartier rouge de Bangkok dédié à la prostitution touristique, l’ouvrage propose une analyse scientifique du tourisme sexuel et des enjeux contemporains liés à la mondialisation de la prostitution.

À partir d’une enquête ethnographique conduite à Patpong, un quartier de Bangkok dédié au commerce international du sexe, cet ouvrage montre le quotidien des prostitué-e-s et les relations qui les unissent à leurs clients. Contre une lecture réductrice des échanges prostitutionnels, la sociologie permet d’interroger la diversité des ” économies intimes ” qui traversent les relations, de penser la complexité des rapports de pouvoir qui unissent – le temps d’une ” passe ” ou d’un amour – des individus que tout semble opposer.
Mais comprendre ces relations impose également d’en saisir la gestion politique et normative. Le travail de terrain est ainsi complété par la généalogie de la catégorie ” tourisme sexuel ” qui interroge les formes contemporaines d’engagement politique et de mobilisation transnationale. Et si la lutte contre le tourisme sexuel est aujourd’hui une cause consensuelle, l’histoire rappelle que la construction sociale des problèmes sociaux est le produit d’investissements souvent contradictoires, parfois problématiques, qui – assis sur l’évidence de leur objectivité supposée – font plus que dénoncer : ils transforment aussi le monde.
En articulant ethnographie et histoire, en interrogeant les relations prostitutionnelles et les jugements qu’elles suscitent, ce livre explore des unions aux frontières de l’acceptable. Et le tourisme sexuel apparaît alors comme un objet privilégié pour penser la mondialisation des questions sexuelles et saisir, à travers lui, les transformations contemporaines du politique.

Ethnologie du tourisme sexuel en Thaïlande à partir de l’ouvrage de Sebastien Roux « No money, no honey. Economies intimes du tourisme sexuel en Thaïlande » Editions La Découverte, Coll. « Textes à l’appui », 2011
animateur Christian JACQUELIN

Sébastien Roux est sociologue, chargé de recherche au Cnrs. Il anime à Toulouse le Centre d’anthropologie sociale, une équipe du Laboratoire interdisciplinaire Solidarités sociétés territoires (UMR 5193). Ses premiers travaux portaient sur le tourisme sexuel et la circulation internationale des personnes et des causes ; il a notamment publié No Money, No Honey. Économies intimes du tourisme sexuel en Thaïlande (La Découverte, 2011). Il a ensuite enquêté sur le traitement politique des mineur·e·s sous main de justice comme post-doctorant au sein de l’ERC Morals, et coécrit Juger, réprimer, accompagner. Essai sur la morale de l’État (Seuil, 2013). Il termine actuellement une recherche de plusieurs années sur l’adoption internationale conduite dans le cadre du programme ANR Ethopol (2014-2019), et a co-dirigé avec Anne Sophie Vozari Familles, nouvelle génération (PUF, 2020). Il initie actuellement un nouveau cycle de recherche sur les nouvelles utopies engendrées par la crise écologique, et les innovations politiques qui émergent en temps de crise.

Conférence | Durée: 50:44| Enregistrée le 07 février 2012

 

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Slimane Touhami “L’Autre héritage. L’espace du mauvais oeil dans le Maghreb de France”

Cet ouvrage rend compte de l’existence ” derrière les murs fatigués d’une barre HLM, d’un enchantement qui, en bien des points, confine à la poésie “. A travers les discours et les gestes destinés à parer les mesures de l’invisible, l’auteur nous fait découvrir une culture urbaine à la croisée des mondes. Par l’intermédiaire des femmes, et plus particulièrement des mères, il montre comment ces dernières sont à la fois les garantes d’une tradition séculaire et les passeuses de nouvelles façons d’être en exil, entre le France et le Maghreb.

Slimane Touhami est anthropologue et chercheur associé au Centre d’anthropologie sociale (Ehess-Université Toulouse le Mirail). Ses travaux portent sur les relations entre mémoire et identité chez les héritiers de l’immigration post-coloniale en France.

 

 

Conférence | Durée: 1:01:10| Enregistrée au au BLABLABAR le 06 décembre 2011

 

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Jean Viard, “Fragments d’identités françaises”

La France s’est forgée contre les Anglais durant la guerre de Cent ans, ensuite contre le Saint Empire et après la Révolution contre l’Europe des monarques, enfin contre l’Allemagne, puis contre le nazisme. Dans l’esprit de la Libération, elle entendait se refonder en incarnant la patrie des Droits de l’Homme. Mais à Sétif en 1945, à Madagascar en 1947, elle massacrait ses colonisés ou torturait dans ” les sales guerres ” de la décolonisation. Et maintenant qui est notre nouvel ennemi ? L’ancien colonisé qui débarque sans-papiers, le constructeur de mosquée, le migrant pauvre du Sud, le plombier polonais ? Et comment intégrer dans une société où les classes construites dans le travail se sont en partie défaites ? Qui intègre qui, où, comment ? Par un Grand débat dans les Préfectures ? Par une mémoire bling bling manipulée comme un jeu télé ? Par une gauche muette ?
Ce livre vient rappeler une histoire et définir un cadre possible pour un nouveau vivre ensemble.

Fragments d’identités françaises (Ed. de L’aube -Coll. Monde En cours, 2010)

Jean Viard, sociologue, directeur de recherche CNRS au CEVIPOF, a clôturé la saison 2010 2011 du Bistrot des ethnologues de Montpellier avec une présentation-débat de son dernier ouvrage :

Conférence (extrait) | Durée: 17:32| Enregistrée 27 novembre 2011

 

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Jean Luc Pouyeto “Manouches et mondes de l’écrit”

Les Manouches en France, comme bon nombre de Tsiganes en Europe, maintiennent dans leur grande majorité un rapport distancé à l’écrit. Cette forme d’illettrisme spécifique à une population a de quoi étonner. Comment se fait-il en effet que des groupes humains semblent avoir répondu faiblement aux campagnes massives d’alphabétisation et de scolarisation des populations européennes ? Pour quelles raisons si peu d’écrits circulent-ils à l’intérieur des groupes familiaux ? L’évocation d’un nomadisme qui les aurait éloignés des apprentissages relatifs aux savoirs de base ne suffit pas, la plupart d’entre eux ne voyageant que sur de courtes périodes durant l’année scolaire. II s’agit donc d’autre chose, de l’ordre d’une résistance, ou peut-être d’un choix, qui peut renvoyer à une perception du monde parfois autre “. A travers une étude ethnographique portant sur les représentations de l’espace et du temps, ainsi que sur le rapport existant entre le respect des défunts, la nomination et l’écriture dans une communauté manouche du sud de la France, ce livre s’interroge de manière plus large sur les conséquences que provoque, pour des groupes humains, un rapport au signe légèrement différent.

Jean Luc Pouyeto, anthropologue, membre du laboratoire ITEM de l’université de Pau et des Pays de l’Adour.

Conférence | Durée: 1:01:49| Enregistrée au BLABLABAR le 08 novembre 2011

 

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Joël Noret, “Deuil et funérailles dans le Bénin méridional”

Dans le Bénin méridional comme dans bien d’autres régions d’Afrique, les funérailles sont des événements majeurs de la vie sociale. Emmenant le lecteur dans les méandres et les complexités de ces moments cruciaux, ce livre montre comment la mort et sa prise en charge constituent des sites de recherche privilégiés pour comprendre des dynamiques essentielles de la société béninoise d’aujourd’hui. En effet, massivement investies dans l’ensemble de ta société, les funérailles sont aussi des lieux où différents groupes sociaux doivent régulièrement trouver un compromis sur la façon dont il convient de prendre la mort en charge, à l’interface notamment des mondes rural et urbain, et des identités religieuses et familiales du défunt et de son entourage. Ensuite, parallèlement à cet intérêt pour le changement social tel qu’il se donne à voir au prisme des funérailles, cet ouvrage revient sur la vieille question anthropologique de l’articulation entre deuil psychique et funérailles, en proposant de repenser celle-ci principalement à partir de la question du don, et de la façon dont faire le deuil implique bien souvent de donner de soi. Ainsi, ce livre cherche aussi à contribuer à une anthropologie du deuil à une échelle plus individuelle, en s’intéressant aux contextes, rituels comme non rituels, dans lesquels celui-ci prend place, aux dispositions et aux habitudes de pensée qui l’informent et façonnent socialement l’expérience de la perte.

Joël Noret est anthropologue, chargé de recherche au FNRS, et membre du Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains (LAMC) de l’Université libre de Bruxelles.

Deuil et funérailles dans le Bénin méridional. Enterrer à tout prix“, aux éditions Université de Bruxelles, coll. « Sociologie et anthropologie », 2010.

Conférence | Durée: 42:12| Enregistrée le 04 octobre 2011

 

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Pascal Dibie, “Tarzan, l’imaginaire ethnologique”

Qui est Tarzan ? Depuis 1912, son fameux cri retentit dans la forêt africaine, repris en choeur sur tous les continents, dans les jungles urbaines ou les cours d’école.
” L’homme-singe “, créé par Edgar Rice Burroughs, d’abord héros de roman, puis de cinéma et de bande dessinée, s’est définitivement élevé au rang de mythe. Cet ouvrage, magnifiquement illustré, permet de le redécouvrir, éclairé par l’histoire, l’ethnologie, la linguistique, la psychanalyse et la critique de cinéma. Hommages d’illustrateurs contemporains, planches originales de Hal Foster ou encore de Burne Hogarth, photographies et photogrammes des acteurs cultes – Johnny Weissmuller en tête -, c’est tout l’univers de Tarzan, Jane et Cheeta, rassemblé en un volume. Tarzan, fils et défenseur de la nature, prouve qu’il est plus que jamais un héros d’actualité !

 

Pascal Dibie, ethnologue, enseignant-chercheur à l’université Paris-VII venu présenter l’ouvrage collectif “Tarzan!”(Editions Somogy, 2009).

Conférence | Durée: 59:46| Enregistrée au Café de la Vieille Porte le 10 mai 2011

 

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Georges Guille Escuret “Retour sur le cannibalisme et sa phobie.”

L’idée d’une société assumant le fait que ses membres se nourris-sent de corps humains constitue une source intarissable de répulsion au sein de la civilisation – en particulier quand l’absorption succède à un acte de violence, et traverse la frontière qui sépare la guerre de la chasse. Embarrassée à plus d’un titre par le thème du cannibalisme, l’anthropologie sociale l’a laissé en friche et continue à osciller entre des déterminations simplistes : cause alimentaire ou motif religieux.Pour des sciences qui se proposent d’appréhender des réalités hétérogènes, telles que la sociologie, l’histoire et l’écologie, l’occasion s’offre alors d’un double défi à relever : se délivrer de convictions para-sites maintenues par la civilisation qui les a engendrées, et combattre enfi n de face l’aveuglement terrible et millénaire qui range toute anthro-pophagie dans le registre de la préhistoire et de la bestialité. En réalité, la dimension historique des sociétés dites « primitives » n’apparaît jamais aussi visiblement que dans les manifestations concrètes du cannibalisme.La vaste entreprise d’anthropologie historique de l’auteur représente plus d’une vingtaine d’années de recherches de terrain. Il livre avec cet ouvrage le premier volet d’une série monumentale qui en comprendra deux autres, sur l’Asie-Océanie et sur le continent américain.

Docteur en biologie et en ethnologie, Georges Guille-Escuret est chercheur au CNRS (Centre Norbert Elias, Marseille). Il utilise sa double formation pour préciser méthodologiquement les relations nécessaires entre écologie et sciences sociales sur des démarcations troubles : nature/culture, évolution/histoire… Il a publié plusieurs essais, dont Les sociétés et leurs natures (Armand Colin, 1989), Le décalage humain : le fait social dans l’évolution (Kimé, 1994) et L’anthropologie, à quoi bon ? (L’Harmattan, 1996).

“Retour sur le cannibalisme  Sociologie comparée du cannibalisme Tome 1. Proies et captifs en Afrique”  376 page, Paris : PUF 2010

Conférence | Durée: 40:12| Enregistrée à la Laiterie 5 avril 2011

 

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Véronique Dassié “Objets d’affection : Une ethnologie de l’intime.”

Dans un contexte de mobilité croissante et de mondialisation de la société, se définir en tant qu’individu se complique. Il faut pouvoir à la fois présenter une définition de soi-même cohérente et singulière, et trouver sa place au sein d’un groupe aux frontières de plus en plus incertaines. Si chaque individu peut composer son espace intime comme il le souhaite, il ne le fait toutefois pas n’importe comment mais en tant qu’être social. L’auteur analyse de quelle manière nos contemporains disposent leurs objets dans l’espace domestique et comment ces objets orchestrent des passages d’un mode de vie à un autre. Les histoires d’objets aimés ou détestés constituent en effet un bric-à-brac de l’intime dans lequel, fouillant les armoires et les tiroirs, explorant les salons et les greniers, nous allons découvrir des petits riens tels que le chapelet en plastique de Valérie, les bouteilles d’eau vides de Sandra, le briquet jetable d’Antoine, la robe blanche de Sylvie, les mèches de cheveux de Gisèle, les bois de cerf de Bernard, la poupée de Paulette, les chandeliers de Marie-Anne ou les fossiles d’Henri.

Véronique Dassié Ethnologue, Chargée de cours Université François Rabelais Tours, Chercheur associée au LAHIC (IIAC Paris) et au laboratoire CITERES (Tours)

Véronique Dassié “Objets d’affection : Une ethnologie de l’intime” Ed. CTHS Coll. Le regard de l’ethnologue 2010

Conférence | Durée: 46:54| Enregistrée à la Laiterie 15 mars 2011

 

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Mouloud Boukala “Filmer l’humain”

Nés ensemble à la fin du XIXe siècle, le cinématographe et l’anthropologie ont entretenu souvent des rapports ambigus, voire opposés. A travers une analyse minutieuse, et passionnante de la notion de ” dispositif ”  – terme par ailleurs galvaudé – cinématographique mise en relation avec les écrits des philosophes, historiens et anthropologues l’auteur nous invite à repenser cette notion. Cette analyse et cette ” déconstruction “, puis reconstruction de ce qu’est un dispositif permettent de [re]penser l’anthropologie mais aussi et au delà de porter une regard critique sur les discours politique et journalistique contemporains. Ecrit de manière simple mais avec une rigueur toute scientifique le livre s’adresse bien sûr aux étudiants ou chercheurs en anthropologie et études cinématographiques mais aussi à un public plus vaste, désireux de lutter contre une certaine pensée unique “.

Mouloud Boukala est enseignant à la Faculté d’anthropologie de l’Université Lumière-Lyon 2.

Filmer l’humain : que cherche-t-on à montrer qui ne peut être dit ou écrit ? A partir de l’ouvrage Le dispositif cinématographique : un processus pour (re)penser l’anthropologie Ed. Téraèdre Coll. L’anthropologie au coin de la rue, 2009.

Conférence | Durée: 1:00:13| Enregistrée à la Laiterie 18 janvier 2011

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Monique et Michel Pinçon Charlot ” Les Millionnaires de la chance “

Soudain, ils sont devenus riches. Très riches. Millionnaires. Et ce fut par le seul fait du hasard. Pour la première fois, la Française des Jeux a permis à des sociologues d’entrer en contact avec des grands gagnants du jeu Loto®. Pour la première fois aussi, ces gagnants ont accepté de participer à des entretiens approfondis. Ce qu’ils disent, c’est une vie bouleversée, c’est la joie, mais ce sont aussi de multiples questions touchant à la famille et aux amis, au travail, à l’argent, aux rêves à réaliser, avec en toile de fond ce paradoxe : parce que leur éducation ne les y a pas préparés, la plupart des gagnants doivent surtout apprendre à être riches ! Comment apprivoiser la richesse subite : tel est finalement l’un des principaux thèmes de cet essai qui, au-delà des magnifiques portraits de gagnants qu’il propose, est le premier à analyser en profondeur et à mettre en perspective cette forme de richesse.

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, chercheurs rattachés à l’Institut de recherche sur les sociétés contemporaines (I.R.E.S.C.O).

“Les Millionnaires de la chance” Ed. Payot & Rivage Coll.Essais Payot, 2010

Conférence | Durée: 36:11| Enregistrée à la Laiterie 4  janvier 2011

 

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Yazid Ben Hounet “Que sont devenues les tribus dans l’Algérie contemporaine ?”

Hounet

Yazid Ben Hounet

La question tribale est réapparue en Algérie suite aux révoltes survenues en Kabylie en avril 2001. Celles-ci ont mis sur le devant de la scène publique un nouvel interlocuteur étatique : la coordination des `arûsh, daïras et communes (le terme `arûsh étant employé pour désigner les tribus en Algérie). De nombreux articles sont alors parus au sujet de la tribu, et depuis, on assiste dans la presse à une mise en exergue et peut-être à une survalorisation de la réalité tribale dans ce pays.
Plus largement, on observe, en particulier depuis les événements survenus en Afghanistan et en Irak, un regain d’intérêt pour la thématique de la tribu dans le cadre des Etats contemporains. Le présent ouvrage constitue une contribution aux deux débats évoqués. Qu’en est-il de la tribu dans l’Algérie actuelle ? Qu’est-ce qu’une tribu dans le cadre des sociétés contemporaines caractérisées à la fois par l’Etat-nation en tant que système politique normatif et par les recompositions sociales, territoriales et politiques liées aux transformations des Etats contemporains ? Partant de l’analyse comparée de deux entités tribales qui évoluent dans le Haut Sud-Ouest algérien (région d’Aïn Séfra), cette étude montre les tenants et aboutissants de la réalité tribale en Algérie et suggère quelques pistes pour appréhender les phénomènes tribaux dans les Etats contemporains, en particulier ceux du monde musulman.
Cet ouvrage se veut enfin une contribution à l’analyse d’un concept classique de la discipline anthropologique, ” tribu “, et des réalités qu’il recouvre, en particulier dans les sociétés musulmanes.

Yazid Ben Hounet, anthropologue,  chargé de recherche au CNRS, membre du Laboratoire d’anthropologie sociale (Collège de France).

Yazid Ben Hounet, auteur de l’ouvrage ” L’Algérie des tribus – Le fait tribal dans le Haut Sud-Ouest contemporain ” était l”invité de l’A.R.C.E. pour une séance du Bistrot des ethnologues. L’Harmattan  24/06/2009

Conférence | Durée: 40:46| Enregistrée le 7 décembre 2010

 

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Véronique Nahoum-Grappe “Vertige de l’ivresse , Alcool et lien social”

Pourquoi dire « à votre santé » en levant un verre rempli du plus vieux poison connu autour de la Méditerranée, le plus banal qui soit, l’alcool ? Notre vie quotidienne nous met sans cesse un verre dans la main, surtout le soir, en fin de semaine ou d’année, sans que nous y prêtions une grande attention. Entre boire « un » coup et s’enivrer, il y a de la marge. Mais l’alcool, sous toutes ses formes, imprègne le buveur de ses images : fêter un succès, marquer un bon moment, consoler un chagrin, une douleur, calmer une angoisse, augmenter un plaisir, remplir un vide… Si toutes les raisons de boire sont si contrastées, c’est que la fonction de l’alcool dans notre manière de « faire société » est plus profonde et importante qu’il n’y paraît. Ce n’est pas seulement la médecine ou la psychiatrie qui peuvent aider à le comprendre, mais aussi les sciences sociales.

Véronique Nahoum-Grappe est anthropologue à l’EHESS, ingénieur de recherches Centre Edgar Morin, à Paris.

Véronique Nahoum-Grappe Auteur de “Vertige de l’ivresse , Alcool et lien social” aux Editions Descartes & Cie (Coll. Essai, 2010).

Conférence | Durée: 35:14 | Enregistrée le 9 novembre 2010

 

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Judith Hayem “Enquêtes auprès des ouvriers sud africains”

Haydem

Pendant l’apartheid, les usines furent l’un des lieux où régnèrent, avec violence, la discrimination et la ségrégation raciales. Après la disparition négociée de ce régime, en quels termes les ouvriers sud-africains, longtemps conçus comme l’avant-garde de la lutte de libération nationale, se prononcent-ils sur la situation politique à l’usine et dans le pays ? Pour le savoir, l’auteur a mené deux enquêtes d’usine à Durban en 1997 et Port Elizabeth en 1999. Elle montre ainsi comment certains chefs d’entreprises, ont, dès les années 1970-80, entrepris de contourner les préceptes de l’apartheid, tout en s’inscrivant dans un capitalisme de ségrégation. Puis, en examinant ce que les ouvriers disent des relations de travail entre ouvriers et avec les patrons ; de la promotion et de la qualification ; des primes et des salaires ou encore de la discrimination positive et du rôle des ouvriers dans le pays et dans l’entreprise, elle identifie ce qui fonde leur engagement politique pour la reconstruction de la « nouvelle » Afrique du Sud. L’usine émerge comme l’un des lieux du sentiment national, dans la séquence 1994-1999. Ce livre montre que la sortie de l’apartheid n’est pas un processus de « transition économique », ni un simple processus institutionnel, ni même un « miracle ». Elle est le fruit d’une rupture politique profonde, portée non seulement par le nouveau gouvernement mais aussi, dans des modalités propres et originales, par les ouvriers. La figure ouvrière ainsi mise au jour souligne la singularité de ce qui se joue en Afrique du Sud et manifeste tout l’intérêt d’étudier les formes de pensée ouvrières contemporaines, pour autant que le chercheur parvienne à renouveler, en les dépassant, les anciens cadres intellectuels de référence sur ce thème.

Judith Hayem anthropologue, maître de Conférences à l’université de Lille-1.,

 “La figure ouvrière en Afrique du Sud” Edition Karthala, parution juin 2008 

Conférence | Durée: 29:46| Enregistrée au Baloard le 4 mai 2010

 

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Martin de La Soudière “Lignes secondaires”

Qu’est-ce qu’un lieu ? Un lieu, c’est là où l’on se pose et se repose, se refait. Un répit dans un voyage ou après un trajet. Bornes, croix, arbres isolés, les caïrns font aussi bien l’affaire, et même un chemin ou une simple mare. Un repère, une ambiance aussi. Ce qui attire le regard comme un point à atteindre, un visage qui vous attend. Autour de ce motif, nous est ici proposé un voyage éthno-poétique. Des lieux d’enfance de l’auteur, de ses terrains d’enquête à ceux, fictifs, d’un arpenteurs, des Pyrénées à la Lozère, d’Ardèche en Creuse, reliés entre eux par le tracé improbable de petites lignes de chemin de fer, se dessine au fil des pages un éloge des lieux les plus modestes, ou encore mal-aimés. Une famille d’espaces, où chacun pourra se reconnaître. Ces brefs récits nous offrent un autre regard sur les territoires et sur les paysages. Peut-être une nouvelle façon de voyager.

Martin DE LA SOUDIERE, ethnologue, chargé de recherche CNRS, chercheur au Centre Edgar Morin

Lignes secondaires“, Paris et Grânes (Drôme) paru aux Editions Créaphis, en 2008

Conférence | Durée: 59:15Enregistrée au Baloard le 6 avril 2010

 

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Nicolas Adell Gombert: “Des hommes de devoir”

La belle ouvrage, le Tour de France, le secret… tout l’imaginaire du compagnonnage tient dans quelques pratiques et quelques symboles qui ont focalisé l’attention, épaississant un « mystère » compagnonnique et laissant dans l’ombre les questions qui auraient dû être premières : qu’est-ce qu’être un compagnon ? Comment le devenir ? Et le rester ?

Établi à partir d’enquêtes de terrain, de récits de vie et de dépouillement d’archives, cet ouvrage montre les voies qu’il faut emprunter, fait entendre les appels auxquels il faut savoir répondre pour se dire « compagnon du Tour de France ». Car l’auteur, ethnologue, le démontre clairement : l’actualité des compagnons n’est pas une simple persistance. En effet, le compagnonnage est une institution dont la modernité s’est lentement construite depuis le XVIIIe siècle. Simple organisation de jeunesses artisanales vouée à « faire passer » cet âge de la vie dans un premier temps, le groupe compagnonnique a progressivement cherché à façonner de manière plus large l’existence des individus. Institution de passage devenue institution à rites de passage, les compagnons ont peu à peu mis en avant un modèle de vie auquel seule une minorité peut se soumettre: les hommes de Devoir, ceux qui ont su, comme ils le disent eux-mêmes, « faire de leur vie un chef-d’oeuvre ».

Nicolas Adell Gombert “Des hommes de devoir. Les compagnons du tour de France (XVIIIe-XXe siècles)”,  éditions de la Maison des Sciences de l’Homme,  2008.

Maître de conférences en ethnologie à l’Université de Toulouse ii-Le Mirail, Nicolas Adell-Gombert travaille sur les thématiques des passages à l’âge d’homme dans les sociétés européennes dans une perspective d’anthropologie historique, ainsi que sur la narration de soi à partir de l’étude des communautés compagnonniques. Auteur de nombreux articles apportant un éclairage neuf sur la société et la culture du compagnonnage, il a publié une synthèse de ses recherches, Des hommes de devoir. Les compagnons du Tour de France (18e-20e siècle), aux éditions de la Maison des sciences de l’homme (2008).

Conférence | Durée:1:22:24 | Enregistrée le 02 Mars 2010

 

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Marc Bodignoni “Les Gitans”

« Les Gitans sont des nomades », « Les Gitans vivent des allocations », « Les Gitans sont des voleurs », « Les Gitans sont très croyants », « Les Gitanes savent lire dans les lignes de la main», « Les Gitans aiment leurs enfants et leurs vieux », « Les Gitans ont la musique dans le sang »… Persécutés au cours de l’histoire, rejetés encore aujourd’hui, les Gitans inquiètent. On loue leur sens de la famille, leur culture… mais on leur interdit l’entrée dans nos villages et le stationnement dans nos villes. Cet ouvrage est une invitation à ouvrir nos portes… et nos esprits.

Les Gitans” , paru aux Editions Le Cavalier Bleu, en 2007.

Marc Bordigoni, ethnologue, ingénieur de recherche à l’IDEMEC.

 

 

Conférence | Durée: 38:28Enregistrée au musée de Camargue (Arles) le 9 février 2010

 

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Jeanne Favret Saada “Désorceler”

« Le jour où un ancien ensorcelé m’annonça que j’étais “prise”, que mes symptômes et l’état de ma voiture en témoignaient à l’évidence, et qu’il me demanderait un rendez-vous chez sa désorceleuse, Madame Flora, j’en fus presque soulagée.» L’anthropologue et psychanalyste Jeanne Favret-Saada rapporte dans Désorceler la suite de ses travaux sur la sorcellerie dans le Bocage de l’Ouest français. Dès ses premiers livres publiés chez Gallimard, les travaux de Jeanne Favret-Saada ont frappé les esprits en ce qu’ils s’opposaient à la doxa anthropologique ainsi qu’à un usage conventionnel de la psychanalyse: l’auteur s’était en effet laissé impliquer dans les processus qu’elle étudiait et, bon gré mal gré, elle était devenue désorceleuse. Presque trente ans ont passé et la démarche comme le travail de l’anthropologue n’ont rien perdu de leur originalité. Le présent livre est donc un retour sur les matériaux relatifs au désorcèlement – description des éléments empiriques, étude du désorcèlement comme thérapie du collectif des habitants d’une ferme, description de l’invention de cette thérapie au cours du XIXe et du XXe siècle, illustration du travail (très inquiétant) de Madame Flora, magicienne-thérapeute, etc.-, et pose la question de savoir comment le fait d’« être affecté(e) » permet paradoxalement de construire un discours scientifique . ici sur la sorcellerie.

Bref, un ouvrage envoûtant, accessible à tous et, au sens propre, extra-ordinaire.

“Désorceler”, paru aux Editions de L’Olivier Coll Penser/Rêve en 2009, 

Jeanne FAVRET SAADA, ethnologue et psychanaliste.

Conférence | Durée: 52:10Enregistrée au Baloard le 2 février 2010

 

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Frédéric Saumade “Maçatl”

Pourquoi les Américains jouent ils à monter des taureaux furieux dans les rodéos ? Pourquoi cette technique spectaculaire, initiée et expérimentée par les vachers mexicains, est elle devenue emblématique du cowboy et de l’impérialisme étasunien? Que doit ce dernier à son voisin du sud, qu’il maintient par ailleurs dans une relation de dépendance économique et politique ? Et quelles sont les influences respectives de l’indigène et de l’homme blanc dans cette étonnante subversion de la tauromachie espagnole et de ses codes ? La monte ludique du taureau, qui confond en un même mouvement le cheval et le bœuf, L’équitation et la corrida, et plus généralement les catégories de la raison hispanique, est le résultat de ce tour de force de la ” culture des faibles ” dont les effets se sont prolongés à travers tout le continent américain, en particulier dans le très médiatique spectacle de rodéo. Au delà du caractère exotique de l’étude de cas, Maçatl offre une réflexion générale sur les ressorts de l’impérialisme et de la diffusion des savoirs, où sont mises en valeur les capacités dynamiques des sociétés qui reçoivent l’innovation et la transforment à leur image.

“Maçatl”, edition PUF de Bordeaux, paru en 2008

Frédéric Saumade ethnologue, professeur d’anthropologie sociale à l’ Université d’Aix-Marseille.

Conférence | Durée: 1:08:05Enregistrée au Baloard le 5 janvier 2010

L’équipe technique s’excuse pour le “souffle” dans l’enregistrement sur les 20 premières minutes.

 

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Eléonore Le Caisne “Avoir 16 ans à Fleury”

La récidive et l’incarcération des mineurs sont au cœur de l’actualité.

Pendant un an, Léonore Le Caisne a arpenté le quartier des mineurs du Centre de jeunes détenus (CJD) de Fleury-Mérogis, où sont incarcérés, selon les périodes, entre 50 et 100 adolescents.

L’ethnologue décrit et décrypte le bruit, la circulation, les attitudes, les échanges et plus généralement les relations que les jeunes établissent entre eux, avec l’encadrement ou les détenus adultes. Elle montre comment les garçons transforment le ” quartier mineurs ” en une annexe de la cité, avec ses groupes, ses valeurs, ses lieux … Comment et pourquoi, en l’absence de tout travail socio-éducatif effectué au sein de l’institution, ils banalisent leur expérience – jusqu’à la récidive – et détournent le sens que donnent les magistrats à l’incarcération.

Notre société évolue vers une répression accrue, aux effets inconnus et aux résultats aléatoires. A l’heure des premiers bilans des nouveaux Établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM), le travail de Léonore Le Caisne constitue une base indispensable à la réflexion sur la délinquance des jeunes et sur les réponses à y apporter.

Léonore Le Caisne est ethnologue, chargée de recherche au CNRS, Centre d’étude des mouvements sociaux/Institut Marcel Mauss (EHESS). Elle a publié Prison. Une ethnologue en centrale (2000).

Conférence | Durée: 55:53 | Enregistrée le 1er décembre 2009

 

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Jean-Pierre Piniès “La Chartreuse, métamorphose d’un monument”

Vendue à la Révolution comme bien national, transformée peu à peu en quartier populaire et marginal, la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon ne renoue avec son passé prestigieux de palais pontifical médiéval qu’au début du XXe siècle. Plusieurs décennies seront nécessaires pour qu’elle acquière son nouveau statut, celui de monument historique, après que ses habitants en aient été éloignés. Elle abrite ensuite un Centre Culturel de renommée internationale, spécialisée aujourd’hui dans les aspects les plus novateurs des écritures du spectacle. Ce sont ces péripéties, cette émergence et cette polysémie de fonctions, que donne à lire cette approche qui conjoint les chemins de l’histoire et de l’ethnologie. Pour ce faire, elle observe au plus près les mythologies faites de peurs, de désirs et de rêves qui ont guidé les acteurs qui l’ont eu en charge. Au-delà du hiératisme des pierres, elle entend ainsi montrer comment se construit l’identité d’un monument historique, quelles sont les figures qui nourrissent son imaginaire et commandent aux variations les plus fructueuses de son destin.

Jean-Pierre Piniès, ethnologue, était le cofondateur avec René Nelli et Daniel Fabre du premier centre de recherche «ethnopôle» en France, le Garae

Conférence | Durée: 1:08:23 | Enregistrée le 19 novembre 2009

 

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Véronique Moulinié “L’art dans les camps”

Début 1939, Barcelone tombe aux mains des troupes franquistes. L’exode jette sur les routes les populations républicaines, direction la France. Dans le Sud, aussitôt, les camps se multiplient.
 Dans ces conditions extrêmes, se marque la volonté de comprendre la brutalité de l’évènement et aussi de revenir à la vie par l’instruction, la culture et l’art. En ethnologue, Véronique Moulinié a longuement enquêté sur ces créations – poésie et dessin, sculpture et théâtre… Il fallut du temps et de la confiance pour que les mémoires et les tiroirs s’ouvrent, révélant comment les républicains espagnols vivent leur exil, se le représentent, le transposent et le recréent dans le partage immédiat de l’art. Ce livre unique, oeuvre collective de beaucoup de survivants et de descendants, nous met sous les yeux l’émouvante floraison de mots et d’images de l’année 1939, alors qu’une autre guerre s’annonce.

Véronique Moulinié, ethnologue, chargée de recherche au CNRS, Laboratoire d’anthropologie et d’histoire sur l’institution de la culture auteur de La chirurgie des âges , éditions de la Maison des sciences de l’Homme.

Conférence | Durée: 58:06 | Enregistrée le 5 novembre 2009

 

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Michel Agier “Gérer les indésirables, Des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire”

Selon les chiffres officiels, cinquante millions de personnes dans le monde sont «victimes de déplacements forcés». Réfugiés, demandeurs d’asile, sinistrés, tolérés, déplacés internes…, les catégories d’exclus se multiplient, mais combien sont ignorées : retenus, déboutés, clandestins, expulsés… Face à ce drame, l’action humanitaire s’impose toujours plus comme la seule réponse possible. Sur le terrain, pourtant, le «dispositif» mis en place rappelle la logique totalitaire : permanence de la catastrophe, urgence sans fin, mise à l’écart des «indésirables», dispense de soins conditionnée par le contrôle, le filtrage, le confinement ! Comment interpréter cette trouble intelligence entre la main qui soigne et la main qui frappe? Après sept années d’enquête dans les camps, principalement africains, l’auteur révèle leur «inquiétante ambiguïté» et souligne qu’il est impératif de prendre en compte les formes de contestations et de détournements qui transforment les camps, les mettent en tension, en font parfois des villes et permettent l’émergence de sujets politiques. Une critique radicale des fondements, des contextes et des effets politiques de l’action humanitaire. – 4e de couverture – (date de publication : Novembre 2008)

Michel Agier anthropologue, directeur d’études à l’Ecole des Hautes études en Sciences sociales (EHESS) et chercheur à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) 

Conférence | Durée: 1:43:05 | Enregistrée à l’Espace Martin Luther King de Montpellier le 22 octobre 2009 (en partenariat avec Médecins sans Frontières).

 

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Daniel Welzer Lang “Nous, les mecs. Essai sur le trouble actuel des hommes.”

Sait-on vraiment ce que les hommes pensent, vivent et ressentent ? Majoritairement déstabilisés dans leurs certitudes, ils se posent de nombreuses questions mais n’ont pas toujours les mots pour les exprimer ni l’occasion de le faire. Daniel Welzer-Lang explique ici comment on devient homme, par quelles souffrances, épreuves et joies l’on passe, et ce que cela signifie concrètement que d’être un homme affectivement, sexuellement et professionnellement. Il propose aussi, et surtout, de faire l’inventaire de la virilité : « Savoir ce que nous devons en garder. Ce qu’il est important que les femmes apprennent à son sujet. Et ce qui doit être jeté aux oubliettes. »

Daniel Welzer Lang est professeur de sociologie.

 

 

Conférence | Durée: 1:32:38 | Enregistrée à le 6 octobre 2009

 

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Jean-Loup Amselle “L’Occident décroché.”

De la critique postcoloniale, on retient surtout la remise en cause de l’universalité de la raison occidentale et celle de la prétention européenne à exporter les Lumières, la démocratie et les droits de l’Homme. Pour Jean-Loup Amselle, cette opposition entre l’Ouest et le reste est simplificatrice : elle ignore les connections et les interférences réciproques, ne prend pas en compte des philosophies ou des pensées concurrentes de la pensée occidentale élaborées en Europe et, enfin, méconnaît les réflexions et les controverses venues Afrique, d’Asie et d’Amérique du Centre ou du Sud.
Pour y voir clair, il a donc entrepris une vaste enquête à travers continents et théories, auteurs et institutions. Du renouveau d’une certaine pensée juive dans le sillage de Benny Lévy à l’indigénisation du mouvement zapatiste, en passant par la défense des savoirs endogènes africains ou l’affirmation d’une temporalité indienne spécifique, il analyse les divers « décrochages » par rapport à l’Occident et les dangers que ceux-ci recèlent quand ils mettent en avant les principes essentialistes de cultures et de races. Chemin faisant, il revient aussi sur la figure tutélaire de Gramsci pour montrer combien l’hommage rituel dont celui-ci fait l’objet dans les études postcoloniales repose sur un usage infidèle de sa pensée.
Ce vaste parcours, solidement documenté et argumenté, nous ramène finalement dans la France d’aujourd’hui où le postcolonialisme arrive tardivement, au moment où la crise des deux modèles d’intelligibilité de la société, celui de la lutte des classes et celui de la République, favorise l’ethnicisation des rapports sociaux.22 mai 2009

Jean Loup Amselle, anthropologue, directeur d’études à l’EHESS et Directeur de la formation doctorale Anthropologie sociale et ethnologie. 

Conférence | Durée:50:20 | Enregistrée au Salon du Belvédère le 22 mai 2009

 

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Emmanuelle Godeau “L’esprit de corps. Sexe et mort dans la formation des internes”

Scandaleuses rumeurs, bizutages violents, blagues obscènes, chansons de salles de garde, autant d’éléments composant l’image de l’étudiant en médecine difficiles à rattacher à celle de l’éminent spécialiste affichant le titre prestigieux d’ « Ancien Interne des Hôpitaux »… Qu’est-ce en effet que l’Internat avec ses traditions frivoles, son « folklore des carabins » relégué aux marges du métier derrière les portes fermées des salles de garde ? Ou, plutôt, en quoi ces pratiques sont-elles constitutives de l’apprentissage du futur spécialiste, au même titre que la formation spécifique à cette profession ? Comment l’esprit de corps vient-il aux médecins ?
C’est à ces questions, et sur un terrain n’ayant jamais fait l’objet d’investigations ethnologiques, que l’auteur s’est attachée à répondre dans cet ouvrage novateur et stimulant. Des travaux pratiques d’anatomie et de dissection plaçant les jeux avec le sexe et la mort au principe même de cet apprentissage jusqu’aux « revues » et « post-revues » spectaculaires des salles de garde en passant par les rituels propres au temps de l’internat qui se déclinent sur le modèle des « grands » passages biographiques -« baptême » et « enterrement » du néophyte, se dessine un parcours coutumier indissociable de l’acquisition des savoirs propres à la discipline médicale. Conduite majoritairement auprès d’anciens internes des hôpitaux français à Toulouse, Montpellier, Strasbourg et Paris, la recherche d’Emmanuelle Godeau n’exclue pas le comparatisme (U.S.A, Suisse, Scandinavie) et s’ouvre, lorsque les sources le permettent, à la profondeur historique.

L’esprit de corps : sexe et mort dans la formation des internes en médecine” Ed MSH , collection Ethnologie de la France, 2007.

Emmanuelle Godeau a suivi une double formation de médecin et d’anthropologue. Ses travaux en tant que médecin de santé publique et chercheur dans l’unité Inserm U558 portent sur la santé et les handicaps des enfants et des adolescents. Ses recherches en anthropologie sont centrées sur la mort, les formations professionnelles contemporaines et leur féminisation. Elle est rattachée au Centre d’anthropologie sociale de Toulouse.

Conférence | Durée: 43:56 | Enregistrée au Baloard le 5 mai 2009

 

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Suzanne Chazan “L’hindouisme mauricien dans la mondialisation”

La société mauricienne contemporaine constitue un terrain particulièrement riche pour l’étude des interactions du religieux avec l’économique et le politique. Cela est dû non seulement à la multiplicité de ses formes religieuses et culturelles – l’hindouisme étant pratiqué par plus de la moitié de la population -, mais aussi à ses rapports étroits avec l’économique et l’Etat, qui fut le grand ordonnateur des catégories de populations après le Traité de Paris de 1814 conférant la souveraineté du territoire à l’Angleterre.
Le nouveau modèle colonial inspiré par l’Angleterre, qui a émergé en 1814, s’est articulé autour de la double valorisation de la religion et des origines des migrations. C’est ainsi que le culte de la déesse Kali, dont les autels se sont multipliés dans l’île, s’est modelé autour de la relation capital/travail instituée sous la colonisation. Actuellement, l’apparition de divinités nouvelles dans les temples urbains traduit un processus inéluctable de transformation des cultes populaires en religion savante.
Un changement qui fait suite à la restructuration de l’économie sucrière et de l’industrie textile avec le développement des Techniques d’information et de communication (TIC). Dans cet ouvrage, les auteurs sont partis de l’hypothèse, confirmée par les enquêtes, que tout changement religieux est un symbole des transformations structurelles, en réponse aux conséquences de la mondialisation des marchés.
Ils ont établi une corrélation des transformations symboliques avec les innovations rituelles qui se manifestent jusque dans les stratégies électorales. Plus globalement, ils ont mis en lumière, à travers la multiplication des associations culturelles hindoues, le rapport de l’hindouisme avec les diverses formes du capitalisme mondial, un point de vue tout à fait original, jamais encore étudié à ce jour.

L’hindouisme mauricien dans la mondialisation” éditions Karthala (mai 2009)

Suzanne CHAZAN, est docteur en anthropologie de Paris V et anthropologue à l’IRD chercheur à l’IRD

Conférence | Durée: 1:08:06 | Enregistrée au Baloard le 7 avril 2009

 

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Marc Abélès “Anthropologie de la globalisation”

La globalisation, ce n’est pas la mondialisation. La mondialisation, ce sont des flux, des mouvements. Elle existe au moins depuis la fin du XIXe siècle, où les échanges se sont intensifiés et l’économie s’est internationalisée. La globalisation, elle, est un phénomène récent et à l’origine d’une mutation radicale, certes économique et financière, mais aussi et surtout humaine : l’intégration et l’interconnexion sont devenues telles que chacun, aujourd’hui, doit vivre quotidiennement au niveau local, avec des attaches territoriales et une identité culturelle, tout en ayant le sentiment d’appartenir à la globalité du monde.
Cette tension entre le local et le global caractérise la globalisation. Pour la comprendre dans toutes ses dimensions et ses implications (culturelles, économiques, politiques), l’approche anthropologique se révèle essentielle. Ce livre est le premier en France à donner les outils pour penser notre modernité et se repérer dans les multiples débats d’idées et théories qui, depuis une trentaine d’années, concernent les enjeux de la globalisation.

Anthropologie de la globalisation” Edition Payot et Rivages, 280 pages, parution 2008

Marc ABÉLÈS, directeur du Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (LAIOS-CNRS).

Conférence | Durée: 51:05 | Enregistrée le 3 mars 2009

 

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Benoit Fliche “Odysées turques. Les migrations d’un village anatolien”

Anatolie, aller-retour. Pourquoi des paysans anatoliens ont-ils abandonné leur village dans les années 1970? Que sont-ils devenus une fois établis à Ankara, en Allemagne ou en France ? Pourquoi sont-ils revenus chez eux trente ans pus tard ? Ces trois questions plongent l’ethnologue – et le lecteur – au coeœur d’une histoire migratoire originale à laquelle aller de Kava via Narbonne et Ankara, sert de fil directeur. Sur ses pas, nous découvrons que partir n’est pas naturel, que les migrants turcs, loin d’être d’irréductibles “communautaristes ” connaissent des types d’implantation variés, que les modes de vie et les goûts changent au gré des pérégrinations. Cette observation du parcours d’une migration dans son entier, du lieu de départ ai lieu de résidence immigré, des relais en Turquie au village de retour, montre comment des territoires très différents, désormais en relation sont sources d’évolutions culturelles cruciales dans la Turquie contemporaine.

Benoit Fliche docteur en anthropologie sociale, chargé de recherches au CNRS, EHESS,

Odysées turques. Les migrations d’un village anatolien”, Paris, Editions du CNRS, 2007, 236 p.

Conférence | Durée: 53:55 | Enregistrée au Baloard le 2 février 2009 (enregistrement et montage de Divergence FM)

 

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Maria Pia Di Bella “Dire Ou Taire En Sicile”.

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L’omertà ou loi du silence a toujours beaucoup intéressé le public qui croyait y voir une spécificité sicilienne surtout liée à la Mafia. Pour contrecarrer cette opinion, Maria Pia Di Bella dévoile les différents plans (religieux, politique, culturel) de l’art du « dire » ou du « taire » en Sicile. Elle présente plusieurs de ses facettes et la richesse de ses gradations. Pour dire ce que l’on ne peut en principe dire, l’emploi des métaphores est roi, et cet emploi est si subtil qu’il échappe à tout étranger ; pour dénoncer publiquement l’injustice, seul le poète y accède sans s’exposer à la violence ; pour s’asseoir un jour à la droite de Dieu, le condamné à mort dicte une « décharge de conscience » aux membres de la confrérie qui s’occupent de lui et dans laquelle il dira la « pure vérité » afin d’effacer la vérité extorquée sous la torture ; pour être « sauvé », le parler en langues (glossolalie) devient signe d’un don du Saint-Esprit qui permet au fidèle un statut supérieur au sein de son Église ; pour leurs prises de parole publique, les femmes siciliennes se réfèrent à l’une d’entre elles, Franca Viola, admirée parce qu’elle a su prononcer un simple « non ».

Maria Pia Di Bella est anthropologue au CNRS et membre de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux à l’EHESS. Elle a mené une première recherche dans les Pouilles sur les conversions au pentecôtisme en milieu rural, puis une autre en Sicile sur les représentations de la justice, notamment à travers les condamnés à mort de Palerme (1541-1820). Elle a publié La Pura verità. Discarichi di conscienza intesi dai Bianchi (Sellerio, 1999) et dirigé Vols et sanctions en Méditerranée (Éd. Archives contemporaines, 1998). Elle travaille actuellement aux États-Unis sur les associations de victimes de crimes, leurs narrations et leurs mémoriaux (musées, jardins).

Conférence | Durée: 42:13 | Enregistrée le 6 janvier 2009

 

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Antoinette Molinié “Les Néo-Indiens. Une religion du IIIe millénaire”

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Les Inca de Tintin en chair et en os ? En 2001, le président du Pérou Alejandro Toledo s’est fait introniser en Inca à Machu Picchu par des chamanes qui ont présenté des offrandes aux dieux des montagnes. Le président de Bolivie Evo Morales s’est fait introniser dans le temple de Tiwanaku habillé en Aymara. Jacques Galinier et Antoinette Molinié nous montrent comment le « néo-Indien » qui émerge en Amérique latine ne sort ni d’une monographie ethnographique, ni d’un métissage antiraciste. Mais de notre culture télévisuelle et de Disneyland. Il s’habille en prince aztèque ou en Inca les jours de fête, et ses vêtements traditionnels inspirent les stylistes californiens. Il ne danse plus pour la pluie, mais pour les touristes. Il pille les écrits des ethnologues pour découvrir ses rituels. Un phénomène déconcertant mélangeant tour-opérateurs, nouvelles spiritualités, ethnologie et altermondialisme.

Antoinette Molinié, ethnologue, directrice de recherche du CNRS au Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative à l’université Paris-X-Nanterre.

Conférence | Durée: 55:24 | Enregistrée le 2 décembre 2008

 

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Marc Perrenoud “Les musicos : Enquête sur des musiciens ordinaires.”

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Les musicos, ces instrumentistes ordinaires qui se produisent dans des bars, des festivals, des bals, constituent une population largement méconnue. Ils sont pourtant des milliers à « ne faire que ça », naviguant entre intermittence, RMI et travail au noir, pris dans une tension permanente entre les figures sociales du musicien artiste inspiré et de l’interprète compétent. Anthropologue et musicien, Marc Perrenoud s’est totalement immergé dans son terrain d’enquête pour faire apparaître ce qui fait réellement sens dans les pratiques et les carrières des musicos.

Marc Perrenoud est docteur de l’EHESS (anthropologie sociale), actuellement Maître-assistant en sociologie du travail à l’université de Lausanne.

 

 

Conférence | Durée: 55:08 | Enregistrée le 27 novembre 2008

 

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Micheline Centlivres-Demont et Pierre Centlivres “Revoir Kaboul : chemins d’été, chemins d’hiver entre l’Oxus et l’Indus : 1972-2005

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Dans ces chroniques, rédigées à partir de leurs journaux de terrain, Pierre et Micheline Centlivres couvrent deux périodes distinctes, presque opposées : celle « d’avant » le coup d’État d’avril 1978 à Kaboul, et celle « d’après », marquée par une crise prolongée. Dans celle d’avant, vue à partir des villages du Nord-Est du pays dont ils ont partagé la vie, les auteurs montrent les déséquilibres des rapports ethniques et sociaux. Dans celle d’après, ils décrivent une « nation » afghane exilée dans les pays voisins.

Les retours à Kaboul, dont le visage change à mesure que le conflit s’aggrave, ponctuent le déroulement d’un récit dans lequel apparaissent la complexité, les lignes de fracture mais aussi l’extraordinaire dynamisme, qui sont au coeur de la société afghane.

« Revoir Kaboul » est le motif récurrent de ces chroniques, comme un miroir dans lequel se dévoile le destin de ce pays au coeur de l’Asie.

 

Micheline Centlivres-Demont est ethnologue et rédactrice de « Afghanistan Info » depuis 1980.

Pierre Centlivres est professeur honoraire et ancien directeur de l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel (Suisse) ; il a été conseiller au Musée national afghan à Kaboul de 1964 à 1966.

Conférence | Durée: 47:43 | Enregistrée le 4 novembre 2008

 

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Christian Jacquelin, Michel Descossy “Cabanes et cabaniers, Camargue Languedoc, Roussillon”

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De la cabane de l’enfance à la « cabane outil » des pêcheurs, la cabane constitue un objet anthropologique de premier plan parce qu’elle renvoie en permanence à l’imaginaire et à des univers techniques, sociaux, culturels et symboliques.
En Languedoc-Roussillon, les cabanes sont indissociables du chapelet d’étangs qui s’étire tout au long du littoral méditerranéen. A la fois précaires et essentielles, banales et singulières, ces constructions ordinaires qui condensent savoir faire et mode de vie ont valeur de témoignage ethnologique, d’autant qu’aujourd’hui la pression immobilière et l’application de la loi littoral rendent leur survie aléatoire.

 

Christian Jacquelin ,ethnologue, membre fondateur de l’ARCE, Bistrot des ethnologues

Conférence | Durée: 37:46 | Enregistrée le 7 octobre 2008

 

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Agnès Jeanjean “Basses Oeuvres, une Ethnologie du travail dans les Égouts”

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Dans la plupart des villes françaises, les eaux usées et les excréments humains sont refoulés dans les sous-sols. Éloignés des corps, ils glissent dans l’obscurité des égouts. Cependant, des hommes manipulent ces matières, les voient et en respirent les odeurs parce que leur activité professionnelle les y conduit. Qu’ils travaillent sur le réseau public ou privé, qu’ils circulent en ville ou demeurent huit heures par jour au fond d’un égout ou dans l’enceinte d’une station d’épuration, les hommes qui font l’objet de ce livre sont tous en contact physique avec ces substances pestilentielles que la plupart des citadins ne touchent, ni ne pensent. Des substances autour desquelles se développent des fantasmes.

Basses Oeuvres montre que l’étude des égouts n’a rien d’anecdotique et qu’à la question de l’évacuation des eaux usées d’une ville se joignent des dimensions symboliques, anthropologiques et politiques. Six univers de travail situés à Montpellier sont tour à tour présentés. Il s’agit dès lors de prêter attention aux conditions de travail, aux techniques et savoir-faire de même qu’au sens que les travailleurs donnent à ce qu’ils font mais aussi à ce qu’ils sont. Situation qu’un égoutier exprime ainsi : «La pensée s’arrête juste avant nous, nous on est en dessous». Cette mise en perspective conduit à l’analyse de toute une série de mécanismes sociaux qui articulent positions sociales et souillure.

Agnès Jeanjean est maître de conférences en ethnologie à l’université de Nice-Sophia-Antipolis. Ses recherches s’inscrivent à la croisée de l’ethnologie urbaine et de l’ethnologie du travail.

Conférence | Durée: 1:04:57 | Enregistrée le 6 mai 2008

 

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Abderhmane Moussaoui, “De la violence en Algérie. Les lois du Chaos.”

Une plongée dans la violence algérienne de ces dernières années, à travers un livre précis, rigoureux et très documenté, qui apporte des éléments nouveaux dans la compréhension de la situation sociale et politique de ce pays.

 

Abderhmane Moussaoui, maître de conférence au département d’anthropologie de l’université de Provence, chercheur à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne et comparative (IDEMEC CNRS).

 

 

 

Conférence | Durée: 52:50 | Enregistrée le 8 avril 2008

 

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Romain Bertrand ” Mémoire d’empire. La controverse autour du “fait colonial” “

Cet essai retrace l’histoire des débats et des mobilisations autour de la loi du 23 février 2005 sur le « rôle positif » de la colonisation française, qui a pavé la voie à la montée en puissance du thème des « guerres de mémoire ». Il s’interroge à cette fin aussi bien sur les stratégies des députés de la majorité, qui ont voté et défendu ce texte, que sur le discours et les tactiques des organisations militantes qui ont réclamé son abrogation. Revenant en détail sur les relations clientélaires entre les élus et les associations de « rapatriés » d’Algérie, il s’efforce de mettre au jour les processus politiques – non pas exceptionnels mais terriblement ordinaires – qui ont concouru à la « mise en controverse » du « fait colonial ». Chemin faisant, il montre de quelle façon l’argument de la « République coloniale » brandi par les Indigènes de la République et les associations du mouvement autonome de l’immigration a été dévoyé pour imposer une grille de lecture spécifique des « émeutes urbaines » d’octobre-novembre 2005 – référées non plus à des problèmes concrets d’exclusion et de discrimination appelant une action (et une auto-critique) des pouvoirs publics, mais à d’élusifs ressentiments mémoriels. Il dresse de la sorte l’inventaire des mécanismes, et surtout des conséquences, de l’émergence d’un nouvel espace de débat où la « question (post)coloniale » en vient à éluder la « question sociale ».

Romain Bertrand, directeur de recherche au Centre d’études et de recherches internationales (CERI, Sciences-Po), spécialiste de l’Indonésie moderne et contemporaine, il a consacré de nombreux travaux à la question des dominations coloniales européennes en Asie du Sud-Est.

Conférence | Durée: 1:13:58 | Enregistrée le 5 février 2008

 

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Geneviève Pruvost “Profession : policier. Sexe : féminin”

L’accès des femmes aux pleins pouvoirs de police est récent. Depuis une trentaine d’années, les policiers de sexe féminin suivent la même formation, sont dotés des mêmes habilitations judiciaires et du même armement que les hommes. S’agit-il d’un changement profond dans la conception de l’ordre public ? Comment s’intègrent-elles à la sociabilité virile des commissariats ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles l’auteure répond dans cet ouvrage pionnier qui constitue la première recherche française d’ampleur sur la féminisation de la police. L’étude fouillée – qualitative et quantitative – permet de suivre et de comprendre les trajectoires des “femmes policiers”, de la fabrique familiale de la vocation à la gestion de la carrière, de la scolarité aux coulisses du métier, du travail sur la voie publique aux arrangements avec le conjoint, de l’accomplissement des tâches nobles au “sale boulot”. Elle montre comment, en adoptant les codes virils en vigueur, ces femmes tentent d’échapper aux stéréotypes de fragilité et d’indisponibilité qui leur sont encore trop souvent accolés. A l’originalité d’une démarche attentive à la mobilité de genre, s’ajoute celle d’une approche compréhensive des principes fondateurs de l’institution policière.
Geneviève Pruvost, sociologue, chercheur au CNRS rattaché au CESDIP (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales).

Conférence | Durée: 1:00:34 | Enregistrée le 8 janvier 2008

 

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Alban Bensa “La fin de l’exotisme. Essais d’anthropologie critique”

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L’anthropologie se laisse souvent bercer par le rêve exotique. En projetant ses présupposés théoriques sur un Autre fantasmé, elle procède à une magnifique fossilisation du temps, de la parole, des cultures et finalement des personnes.
Dans cette série d’essais, remaniés et rassemblés pour la première fois, Alban Bensa interroge ces dérives qui ont pu conduire l’anthropologie à se détourner des réalités sociales pour construire des mondes improbables et fortifier l’utopie primitiviste. Ses critiques très étayées, acerbes ou amusées, prennent source diversement dans son expérience d’enquêtes de terrain en Nouvelle-Calédonie, son engagement politique en faveur des indépendantistes kanak, son travail avec l’architecte Renzo Piano ou ses réflexions sur la muséographie, l’écriture ethnologique et, fil rouge de ce livre, sur la dimension nécessairement historique des rapports sociaux.
Il propose ainsi une approche novatrice de la différence, qui décale la notion d’altérité et lie la fin de l’exotisme et de ses drôles de tropiques au retour de l’anthropologie vers le réel.


La fin de l’exotisme. Essais d’anthropologie critique“. Les essais rassemblés dans cet ouvrage balisent et condensent une vingtaine d’années d’enquêtes ethnologiques, de réflexions et de lectures au cours desquelles Alban Bensa, spécialiste du monde kanak, propose une approche novatrice de la différence qui le conduit à concevoir véritablement, loin de la fossilisation des cultures, la fin de l’exotisme d’antan. Paru en octobre 2016, 320 pages, 11 x 18 cm, Prix : 11 €.

Alban Bensa est anthropologue, directeur d’étude à L’E.HE.S.S. du laboratoire Genèse et Transformation des Mondes Sociaux (GTMS).

Conférence | Durée: 49:48 | Enregistrée le 4 décembre 2007

 

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Daniela Cerqui “Rencontre du 3° Type : le Cyborg et l’anthropologue”

Au département de cybernétique de l’Université de Reading, le Prof. Kevin Warwick mène des expériences futuristes de fusion entre humains et machines. Il a ainsi expérimenté sur lui-même l’implantation d’une puce électronique reliée à son système nerveux, et lui permettant d’échanger des signaux de son cerveau avec un ordinateur, mais aussi avec le cerveau de son épouse. Son but avoué ; nous faire quitter la condition humaine et devenir des cyborgs, plus évolués à ses yeux.

Daniela Cerqui, maître d’enseignement et de recherche au Laboratoire d’anthropologie culturelle et sociale, Institut des Sciences Sociales, Faculté des Sciences Sociales et Politiques, Géopolis, Université de Lausanne.

Conférence | Durée: 53:23 | Enregistrée à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon le 30 novembre 2007

 

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Olivier Schmitz “Soigner par l’invisible – Enquête sur les guérisseurs aujourd’hui”

En dépit des succès de la médecine officielle, subsistent et se développent aujourd’hui encore d’autres techniques de soins fondées sur la manipulation de certaines ” forces “, esprits, ondes ou énergies.
Mais qui sont les thérapeutes de ces médecines parallèles, et quels sont leurs clients ? comment se déroulent ces étranges pratiques ? quelles conceptions du corps véhiculent-elles ?
Au cours de sa longue enquête de terrain, Olivier Schmitz a étudié l’ensemble des thérapies qui attribue les maux et les malheurs des individus au monde de l’invisible. il envisage tout d’abord les recettes de la médecine traditionnelle : cultes rendus aux saints et aux arbres guérisseurs, pèlerinages aux sources et aux fontaines, recours aux leveurs de maux et aux désenvoûteurs.
puis il considère les méthodes plus syncrétiques – telles la radiesthésie, la radionique ou la géobiologie – qui légitiment leur dimension magico-religieuse en s’appuyant paradoxalement sur les avancées de la technologie. Participant aux consultations, observant à tous les stades l’action thérapeutique et recueillant les témoignages des guérisseurs et de leurs patients, Olivier Schmitz dévoile ainsi, au coeur de notre société moderne, l’univers magique où nos contemporains tentent de trouver l’apaisement de leurs souffrances.

Cet ouvrage est issu d’une enquête de terrain menée en Wallonie sur les pratiques thérapeutiques dites « traditionnelles ». Cette recherche aborde les « représentations de la maladie » telles qu’elles se manifestent à travers l’ensemble des pratiques traditionnelles et populaires de prise en charge de la maladie et leurs manifestations « évoluées ».

Olivier Schmitz est sociologue et docteur en anthropologie. Il est chargé de cours à l’Université Charles de
Gaulle Lille-III.

Conférence | Durée: 1:19:33 | Enregistrée le 23 novembre 2007 en partenariat avec la Faculté de Médecine de Montpellier.

 

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Benoît de l’Estoile “Le goût des autres. De l’exposition coloniale aux Arts premiers”

La diversité culturelle est aujourd’hui proclamée « patrimoine mondial de l’humanité ». C’est aussi pour célébrer sur le mode esthétique la diversité des cultures qu’un musée consacré aux « Arts et civilisations d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie », a été ouvert en 2006 à Paris, quai Branly. S’il rencontre le goût contemporain pour l’exotisme, le choix de bâtir un palais aux Arts premiers pour remplacer le musée de l’Homme ne va pas de soi. Par-delà les polémiques opposant art et ethnologie, quel sens a un « musée des Autres » dans un monde post-colonial où se redéfinissent les frontières entre Nous et les Autres ? Par ce qu’il choisit de montrer, un musée réalise une mise en ordre du monde où nous vivons. Analyser les façons dont leurs objets ont été exposés au cours de l’histoire permet d’interroger les transformations de notre regard sur les hommes et les femmes des autres continents. Le goût des Autres s’affirme en France dans l’entre-deux-guerres, entre « Art nègre » et ethnologie. L’Exposition coloniale de 1931 célèbre la variété des civilisations de l’empire, tandis que le musée de l’Homme, pour réaliser l’inventaire de la diversité humaine, envoie ses ethnographes sur des terrains lointains dont ils rapportent une moisson d’objets. Aujourd’hui célébrés comme autant d’œuvres d’art, ces objets sont aussi, de plus en plus, réclamés par ceux qui s’en disent les héritiers pour affirmer leur identité. Que faire devant de telles remises en question ? Peut-on tourner la page coloniale comme on oublie un mauvais souvenir ? Interrogeant à la fois les discours savants et les mythes qui orientent notre regard sur les Autres, tel celui de « peuples premiers » qui seraient en harmonie avec la nature, cet ouvrage propose un regard anthropologique sur la façon dont les Occidentaux conçoivent leur propre place dans le monde. En comparant le cas français à d’autres, de l’Italie aux États-Unis en passant par la Grande-Bretagne ou le Mexique, il explore de nouvelles façons de présenter aux visiteurs des mondes différents du nôtre, mais en relation avec lui.

Benoît de L’Estoile, anthropologue, mène des enquêtes de terrain au Brésil, et a analysé la genèse des savoirs sur l’Afrique dans le contexte colonial. Il enseigne à l’École normale supérieure et est chercheur associé au CNRS. Il a notamment co-dirigé Frontières de l’anthropologie (“Critique”, Minuit, 2004).

Conférence | Durée: 46:58 | Enregistrée le 6 novembre 2007

 

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Bernard Saladin d’Anglure “Etre et renaître inuit : homme, femme ou chamane”

Au nord du cercle polaire, à Igloolik, dans le Nunavut canadien, des Inuit tentent de concilier le respect de la tradition avec la modernité, le souvenir encore très vif du chamanisme, avec une christianisation récente, la vie de chasseurs-pêcheurs, avec l’école, l’internet et le développement minier.
Ils cherchent à revaloriser leur tradition orale et leur conception originale de l’être et du renaître inuit : mythes d’origine de la vie humaine, de la différenciation des sexes, de la mort, de la guerre et des espèces animales ; instauration des règles du mariage et des relations avec le monde animal. Récits de revanche d’orphelins persécutés, ou de la première femme chamane, en proie à la jalousie d’un homme. Disettes passées, cannibalisme de famine, stérilité des couples, avec, comme remèdes, partage des gibiers, des enfants et échange des conjoints.
Cette tradition orale promeut l’épanouissement individuel et la soumission à l’intérêt collectif; elle a beaucoup à nous apprendre sur la vie et sa reproduction. Elle valorise un étonnant genre narratif : les souvenirs intra-intérins, qui ouvrent et terminent cet ouvrage (abondamment illustré par des artistes inuit), en éclairant la conception inuit de la personne, du transsexualisme symbolique et du travestissement, au cœur de la médiation chamanique.

Bernard Saladin d’Anglure, est un anthropologue et ethnologue canadien. Son travail est principalement lié à l’étude des Inuit du Nord du Canada, s’intéressant notamment aux pratiques de chamanisme et aux conceptions du genre .

Conférence | Durée: 44:35 | Enregistrée le 2 octobre 2007

 

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Patrick Williams “Questions d’ethnologue à propos d’une grande figure du jazz: Django Reinhardt”

Figure emblématique du jazz français, leader du quintette à cordes du Hot Club de France, Django Reinhardt (1910-1953) est marqué par son appartenance à la culture manouche.

C’est en spécialiste des communautés tziganes et en grand connaisseur du jazz que Patrick Williams évoque la personnalité du guitariste-compositeur de Nuages et révèle les relations étroites qui se sont tissées entre le jazz et l’anthropologie…

Patrick Williams est ethnologue au cnrs (laboratoire d’Anthropologie urbaine). Spécialiste des divers aspects de la culture tsigane, il a publié de nombreux livres et études sur le sujet. Il est l’auteur de l’ouvrage de référence sur Django Reinhardt : Django (Parenthèses, 1998).

Conférence | Durée: 50’53 | Enregistré au Jam en janvier 2002

 

Patrick Williams est notamment l’auteur de :

  • Une anthropologie du jazz, publié aux éditions du CNRS, Jean Jamin (EHESS) et Patrick Williams (CNRS) 2010
  • Les quatre vies posthumes de Django Reinhardt Trois fictions et une chronique, Patrick Williams, 2010, éditions Parenthèses.
  • Django : vous et moi, in « Jazz Magazine » n° 511, janvier 2001.
  • Un héritage sans transmission : le jazz manouche, in « Ethnologie Française », juillet-septembre 2000.
  • De la discographie et de son usage. L’œuvre ou la vie et Jazz anthropologie (avec Jean Jamin), in « L’Homme » n°158-159, avril-sept. 2000.
  • Nous, on n’en parle pas. Les vivants et les morts chez les Manouches, Paris, éd. MSH, Coll. Ethnologie de la France, 1993.
  • Django, Montpellier, éd. du Limon 1991, [Réédition Marseille, Éds Parenthèses « Eupalinos » 1998].
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Isaac Chiva “Recherche et patrimoine”

Isac Chiva, anthropologue français, né en 1925 en Roumanie et mort en 2012 à Paris. Spécialiste en anthropologie sociale et proche collaborateur de Claude Lévi-Strauss. Il est le frère du psychologue Matty Chiva. Il fut un personnage central de l’ethnologie rurale française.
ancien directeur d’étude à l’EHESS, fondateur du Laboratoire d’Anthopologie Sociale et d’Etudes Rurales fut à l’origine de la Mission et du Conseil du Patrimoine Ethnologique.

 

 

 

Conférence | Durée: 41’20 | Enregistrée le 5 avril 2000

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Véronique Nahoum-Grappe “Du rêve de vengeance à la haine politique”

La figure de la vengeance s’inscrit partout ou presque dans la culture contemporaine. Elle revient comme un leitmotiv, en filigrane de l’actualité telle que nous la rapportent les journaux ou la télévision, mais aussi au cinéma ou dans les bandes dessinées. Chaque fois, la figure d’un ennemi qu’il faut anéantir est mise en scène, présentée comme un contre-don de la cruauté, de l’insupportable, qui exige un excès, un débordement. La séduction politique du « rêve de vengeance » pourrait sembler relever de cultures désuètes ou communautaires résiduelles dans une société démocratique ouverte et régulée en principe par le droit. En fait, elle semble nourrir et valoriser les formes modernes de la haine politique, comme on l’observe avec la xénophobie ou avec les dérapages de certains conflits nationaux et internationaux. Examinant les pratiques sociales et les cultures contemporaines, les confrontant avec les représentations classiques de la vengeance, Véronique Nahoum- Grappe montre comment la haine politique s’articule sur un fantasme et un mensonge que la réalité dément, et contre lequel il faut lutter avec les armes du droit et de la mémoire.

Articles ou chapitres dans ouvrages collectifs

2001, “Guerre et différence des sexes, les viols systématiques en Ex-Yougoslavie, 1991-1995”, in De la violence et des femmes, A.Farge et C. Dauphin (dir), Seuil, réédition en poche : coll. “Points”, p. 175-204, (1° éd. 1999).

2000, “Alcool et guerre en ex-Yougoslavie”, in Désirs d’ivresse, Alcools rites et dérives, C. Bernand ( dir), Paris, Autrement. p. 155-173.

1999, “Anthropologie de la cruauté : quelques réflexions”, in Souffrances et Violences, Patrick-Ange Raoult (dir), L’Harmattan, p. 63-73.

1999, “Milosevic le pervers”, in Kosovo un drame annoncé, A. Garapon et Olivier Mongin (dir), Paris, Michalon, p. 245-248.

1999, “Mémoire, images, et perception de la purification ethnique (ex-Yougoslaive 1991-1995)”, in Travail de Mémoire 1994-1998, Christian Coq et Jean-Pierre Bacot, (dir), Paris, Autrement, coll. “Mémoires”, p. 200-207.

1998, “Le viol de guerre”, Sociétés et représentations, n° 6, p. 373-376.

Véronique Nahoum-Grappe est chercheur à l’EHESS. Elle travaille sur les formes contemporaines et sociales de la culture : l’esthétique du corps, les conduites d’excès et de dépendance, la violence et la cruauté, les rapports entre les sexes.

Conférence | Durée: 1h25 | Enregistrée le 9 mars 1999

 

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Jacques Galinier “Freud indien? L’appareil psychique vu par les indiens Otomi du Mexique”

La question soulevée vise à cerner les modes de représentation de l’appareil psychique chez les Otomi de la Sierra Madre orientale, société amérindienne du Mexique. Pour ce faire, seront convoqués des matériaux interprétatifs indigènes, hétérogènes quant à leur forme et leur contenu. On retiendra plus particulièrement certains discours exégétiques ad hoc — à la fois « internes », captés furtivement lors d’échanges verbaux rituels entre acteurs, et « externes », ceux destinés à éclairer l’ethnologue sur le sens de pratiques pourvues ou non de gloses (Galinier 1990 : 203). Sur le terrain, l’observateur entend parler de « forces » circulant à l’intérieur comme à l’extérieur du corps, d’instances hiérarchisées gouvernant ses pensées et ses actes. Mais également d’un « savoir » (pâdi) qui lui échappe, d’énigme, de mensonge, voire d’une sorte de transcendance liée à des expériences de «vérité» {makhwani «endroit de la coupure»), telles qu’elles sont censées accompagner tout rapport sexuel, lorsque l’homme entre au contact d’un monstrueux vagin denté. Il s’agira donc de voir jusqu’à quel point il peut être légitime de tenter une mise en ordre des concepts indigènes en termes de «métapsychologie». Tout d’abord, j’essaierai de mettre au jour une théorie locale portant sur la description des processus psychiques – la quantité et les modalités de circulation de flux£ énergétiques — d’intrusion et d’incrustation dans le champ de la pensée etî/j de l’acte. Il conviendra également de dégager leur explication en termes de causalité, d’imputation à des instances nommées des événements spatio-temporels, dans lesquels un hypothétique « sujet »,échappant au champ de le conscience, se trouve embarqué.

L’Homme, 1999, tome 39 n°149. Anthropologie psychanalytique.

www.persee.fr/issue/hom_0439-4216_1999_num_39_149

Jacques Galinier est ethnologue américaniste, directeur de recherche au CNRS. Il est membre du laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC) du CNRS et chargé de cours à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense. Spécialiste des Otomi du Mexique (Sierra Madre orientale), chez lesquels il a séjourné à plusieurs reprises depuis 1969, il s’est spécialement intéressé aux techniques, à l’habitat et à l’organisation sociale

Conférence | Durée: 57’14 | Enregistrée le 9 février 1999

 

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Christian Bromberger : “Le match de football. Ethnologie d’une passion partisane”

À quoi rime l’engouement de nos contemporains pour les matchs et les clubs de football ? Que cherchent à mettre en forme les passionnés qui se regroupent, semaine après semaine, sur les gradins des stades ? Une longue enquête ethnologique, auprès des spectateurs ordinaires comme parmi les supporters les plus démonstratifs de trois métropoles singulières, éclaire d’un jour nouveau les significations de cette ferveur. Récits de vie et paroles quotidiennes des partisans, histoires de matchs – des préparatifs aux commentaires du lendemain -, composition et répartition du public dans le stade, fonctionnement des associations de supporters, chants, slogans, emblèmes utilisés pour encourager les siens et discréditer les autres… sont ici analysés au plus près pour cerner les ressorts et les modulations de cette effervescence. Saisi dans tous ses états et dans toutes ses résonances, le match de football apparaît comme le support d’une gamme extraordinairement variée d’identifications, comme un langage universel sur lequel chaque collectivité imprime sa marque propre et, plus encore, comme la mise en forme dramatique des valeurs cardinales qui façonnent le monde contemporain. Quant au stade, il s’offre comme un des rares espaces où une société urbaine, dans sa moitié masculine au moins, se donne en spectacle à elle-même et où s’expriment émotions et symboles proscrits dans le quotidien. Ces propriétés, jointes à l’exaltation du sentiment communautaire et aux pratiques ferventes des supporters les plus ardents, invitent à esquisser un parallèle entre le match de football et un rituel religieux. En quoi cette analogie nous aide-t-elle à mieux comprendre ce qui se joue sur le terrain et dans les gradins ?

Christian Bromberger est professeur d’ethnologie à l’université de Provence où il dirige l’Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (Idemec, unité de recherche associée au CNRS).

Conférence | Durée: 49’07 | Enregistrée en octobre 1996

 

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Patrick Williams “Nous, on en parle pas. Les vivants et les morts chez les Manouches”

Les Manouches, dont les roulottes et camions sillonnent le Massif central, ne parlent pas de leurs morts. Cette déférence muette procède d’un art plus général du non-dit et de l’absence qui soude la communauté tsigane et l’inscrit dans le monde des Gadjé, le nôtre. Les Manouches ne disent rien d’eux-mêmes. De leurs défunts ils taisent les noms, détruisent les biens et abandonnent les campements aux herbes folles : « L’avènement manouche se fait par la soustraction », souligne l’ethnologue dans ce texte exceptionnel. Seul un intime des « buissonniers », des chasseurs de hérisson, des rempailleurs de chaises et autres ferrailleurs nomades de nos campagnes pouvait procéder à l’ethnographie de ce retrait et de ce silence essentiels, à chaque instant refondateurs de l’identité du groupe dans sa distance aux non-Tsiganes. L’écriture « compréhensive » de Patrick Williams épouse, par son rythme, ses décalages et son inventivité, la complicité subtile du plus apparent et du plus caché, et nous restitue la cassure structurelle qui fait des Manouches ces gens du proche et du lointain, d’ici et d’ailleurs. Ni marginale, ni dominée, ni déviante, leur civilisation n’a cessé de se constituer au sein des sociétés occidentales comme circonstancielle et pure différence. En creux, en contrepoint, en silence. Ce livre plein de finesse, d’émotion et de questions cruciales posées à l’ethnologie nous révèle sous un jour entièrement nouveau l’un de ces « peuples de la solitude » chers à Rimbaud et à Chateaubriand.

Patrick Williams chercheur au cnrs et directeur du Laboratoire d’anthropologie urbaine. Pendant de nombreuses années, il a centré ses recherches sur les Tsiganes et a notamment publié Mariage tsigane. Une cérémonie de fiançailles chez les Rom de Paris (L’Harmattan, 1984), Les Tsiganes de Hongrie et leurs musiques (Actes Sud, 1996), Django (Parenthèses, 1991) et Les Quatre Vies posthumes de Django Reinhardt. Trois fictions et une chronique (Parenthèses, 2010).

Conférence | Durée: 54’38 | Enregistré en novembre 1994

 

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