Séance en partenariat avec le Musée des vallées cévenoles Maison Rouge
18h30 : visite gratuite du musée sur réservation (maisonrouge@alesagglo.fr)
19h30 : séance
Dans un contexte de crise climatique, d’attaques croissantes des droits des travailleurs et du durcissement de la société de surveillance, la perspective du « retour à la terre » gagne en popularité. Si les justifications écologiques de ce phénomène social ont fait couler beaucoup d’encre, celles liées à la réappropriation d’un « temps choisi » sont en revanche moins étudiées. À travers une recherche anthropologique portant sur les rapports au temps, cet ouvrage propose une porte d’entrée originale sur les enjeux idéologiques et politiques des collectifs agricoles du sud-est du Massif central français.
Sur la base d’un terrain d’observation participante, l’autrice développe une analyse temporelle de la critique sociale qui anime ces collectifs néo-paysans, mais également les modalités de l’organisation du travail, la mise en concurrence de la cyclicité agricole avec les aspirations à un travail libéré, ainsi que les tensions et les contraintes liées à la professionnalisation et aux trajectoires de vie.
Cette approche apporte un éclairage empirique nécessaire aux travaux socio-anthropologiques qui prônent l’existence des temporalités multiples et porte un regard nuancé sur le phénomène néo-paysan, embrassant le principe selon lequel les sociétés humaines s’accomplissent de façon dynamique et que leurs objectifs sont sans cesse négociés, divers et pluriels.
Madeleine Sallustio est diplômée en sociologie et cinéma documentaire. Elle a réalisé son doctorat au LAMC entre 2014 et 2019. Ses travaux portent sur l’étude des temporalités qui entourent le phénomène de « retour à la terre » en Europe. Elle déploie dans ce cadre une anthropologie politique attentive aux rapports de forces qui traversent les mouvements sociaux et les imaginaires d’avenir. Son livre, À la recherche de l’écologie temporelle, a été lauréat du Prix du livre d’écologie politique en 2023.
